samedi 30 octobre 2010

Les Ambassades Levantines - Épilogue

Comment, je ne vous l'ai pas dit ? L'ambassade de Syrie a fini par m'accorder mon visa ! Bien sûr, ça ne s'est pas fait sans une ultime espièglerie de la part des services consulaires. Le jour J de l'émission du précieux document, j'ai reçu un coup de fil d'un fonctionnaire tout alarmé, m'expliquant qu'ils se sont trompés dans le prix du visa, et que je ne devais pas payer 16€ mais bel et bien 60€. Je devais effectuer un virement au plus vite et leur envoyer par fax la copie de l'attestation de virement. Est-ce que je peux l'envoyer par e-mail ?, me suis-je enquis. Non, uniquement par fax. Et puis je pouvais revenir le récupérer ce lundi, entre 14 et 15 heures.

Sacrés fonctionnaires syriens : ce sont eux qui se sont trompés grossièrement mais n'allez pas compter sur eux pour essayer de me faciliter les choses cinq minutes. Néanmoins, j'ai tout de même eu droit à des excuses, ce qui n'est déjà pas mal. J'ai suivi les instructions qu'ils m'ont données, et lundi je me suis enfui du bureau pour être à l'ambassade à l'heure convenue.

Dans la pièce, le président El-Assad présidait par effigie interposée. Mais cette fois le portrait, non, les portraits (car il y en a deux en fait, un dans chaque pièce ouverte au public, comme j'ai pu remarquer lundi) affichaient un sourire paternel et bienveillant. La Syrie consentait enfin à m'ouvrir ses portes bien gardées. Sans plus de cérémonie, le fonctionnaire m'a remis mon passeport qui contient désormais un beau visa syrien. J'ai réprimé une soudaine impulsion de crier "Vive la république arabe syrienne, vive le parti Baas et longue vie au président El-Assad, Lumière de l'Orient !" et de me jeter à plat ventre pour baiser les pieds du préposé.

http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2009/2/17/1234890745571/Bashar-al-Assad-President-001.jpg

J'ai montré ma gratitude en remerciant avec dignité le fonctionnaire courtois qui s'exprimait dans un bon français. Et puis je suis sorti dans une belle après-midi d'automne. Dehors, dans une chaude lumière dorée, les cloches des églises sonnaient à toute volée, le vent d'octobre faisait tourbillonner, non pas des feuilles mortes crades mais des pétales de roses et des fleurs de jasmin au parfum exquis, et apportait d'orient la faible rumeur de l'appel du muezzin perché, à 3.000 km par-delà les mers, tout en haut du minaret de la grande mosquée omeyyade de Damas.

jeudi 28 octobre 2010

Journée internationale du Créole

Aujourd'hui, 28 octobre, c'est la Journée internationale du créole. De tous les créoles, parlés par des millions de personnes dans le monde entier : aux Antilles françaises, aux West Indies anciennement anglaises (Sainte-Lucie, Saint-Vincent, la Dominique, etc.), à Haïti, à la Réunion, à l'île Maurice, aux Seychelles et généralement dans une flopée de coins paradisiaques. Avez-vous remarqué que les plus beaux pays du monde ont en commun d'être de culture créole ? Si on y réfléchit bien, je suis sûr qu'on peut démontrer très logiquement que la langue parlée par Adam et Ève au jardin d'Éden était le créole. Reste à savoir lequel : cela pourrait être l'objet d'un débat acharné et fratricide entre les tenants des variantes locales.

Haïti est le pays qui compte le plus de locuteurs du Créole

"Grâce" au système éducatif de la République Française, une et indivisible, qui ne reconnaît ni minorités nationales ni langues régionales (une particularité qu'elle partage avec les plus grandes démocraties européennes : la Turquie, la Russie, l'Albanie, la Bulgarie, l'Azerbaïdjan, la Moldavie... bref, les plus grands promoteurs de la démocratie dans le monde), je ne suis pas en mesure de rendre à la langue créole l'hommage qu'elle mérite en écrivant par exemple un chouette article dans mon autre langue maternelle.

Allez, Colonel Larousse, nettoyez-moi tout ce bazar !
Le boulot est presque terminé, Général Littré !

Je pourrais chercher un beau poème en créole à recopier ici, mais hélas, je n'ai pas de poème créole préféré non plus. Pourtant ils existent. C'est qu'elle a sacrément bien fait son boulot, la machine jacobine à élaguer les cultures indésirables qui dépassent comme des branches folles d'un beau buisson hexagonal que l'on voudrait bien taillé. Je vais donc me contenter d'un extrait de la chanson Raché tjè ("Raché tchè" en ancienne orthographe) de Jean-Claude Naimro, du groupe Kassav'. C'est un extrait qui traduit bien la nostalgie d'un Antillais pendant ses premières années d'exil en France métropolitaine, loin des rivages ensoleillés de sa jeunesse :

La mwen rivé a, pa ni pyès fanmi
Pa menm ni Bondyé, pou mwen pé priyé

(...)
I pa ni lannuit
I pa ni zétwal
É sa ki pli rèd
Solèy pa ka kléré

(Dans ce pays où j'ai débarqué, il n'y a pas de famille, il n'y a même pas de bon Dieu à qui adresser mes prières [...]. Il n'y a pas de nuit, il n'y a pas d'étoiles, et le plus dur, c'est le soleil qui brille si peu).

Heureusement, de belles chansons, on en a à revendre, ne déplaise à la République.

Voilà, c'était ma modeste contribution. Libre à vous d'en ajouter d'autres, si le cœur vous en dit !

Le journal France-Antilles de la Guadeloupe fait une petite visite guidée du monde créole, tandis que son homologue martiniquais met l'accent sur les anciennes colonies anglaises que sont Sainte-Lucie et Maurice.

Sinon, l'actualité brûlante aux Antilles, c'est la récolte d'une canne à sucre géante, de huit mètres de long, récoltée par une jardinière au Cap Marin dans le sud de la Martinique. Mmmmmh !!

Et vous l'attendiez tous avec impatience : que devient notre barracuda en maraude au Gosier ? Eh bien il n'a heureusement mordu personne ces derniers jours, mais il rôde toujours, et les pêcheurs, encore bredouilles et de plus en plus exaspérés, envisagent de recourir aux grands moyens, comme le montre l'illustration ci-dessous.


La palangre est une ligne de pêche à laquelle sont fixés plusieurs hameçons.La palangre est une ligne de pêche à laquelle sont fixés plusieurs hameçons.

La Capitale des principes reniés

Il ne faut pas dire : "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau."
Il ne faut pas dire : "Bière, je ne te consommerai pas dans le métro ni sur la voie publique."

Wegbier ("bière pour la route") sur la Boxhagener Straße

Il ne faut pas dire : "Kebab, je ne savourerai pas ta scharfe Sauce plus de deux fois par semaine."
Il ne faut pas dire : "Mon lit, attends-moi, je ne rentrerai pas tard à la maison ce soir."
Il ne faut pas dire : "Musique techno, je ne me mouvrai pas au rythme de ton beat répétitif."
Il ne faut pas dire : "Bratwurst, je ne succomberai pas à ton fumet gras à la descente du tram à 4h du matin."
Il ne faut pas dire : "Lacs et rivières, je ne me baignerai pas dans votre eau trouble marron en zone péri-urbaine."

Des jeunes femmes profitent du soleil sur le lac Wannsee à Berlin, Allemagne, le 5 juin 2010.
Großer Wannsee, juin 2010. Photo: 20minutes.fr
 
Il ne faut pas dire : "Converse rouges, violettes, jaunes à pois, je ne m'abaisserai pas à vous chausser."
Il ne faut pas dire : "Pantalons slim, je ne comprimerai pas mes jambes dans votre coupe ridiculement étroite."
Il ne faut pas dire : "Nationalmannschaft, je ne t'encouragerai pas pendant la Coupe du monde."




À la "WM-Fanmeile" à Tiergarten après le huitième de finale
Allemagne 4 - 1 Angleterre

Il ne faut pas dire : "Langue de Goethe, je n'apprécierai jamais ta gutturale mélodie."
Il ne faut pas dire : "Ô belle Langue maternelle, jamais je ne te souillerai par des germanismes barbares."
Il ne faut pas dire : "Télévision d'outre-Rhin, je ne me laisserai pas lobotomiser devant tes émissions de qualité."


Photo: Die Tageszeitung
Jeu télévisé sur une chaîne câblée... Sehr sehr geil!

Il ne faut pas dire : "Fidèle vélo, je ne t'enfourcherai pas par temps de neige."
Il ne faut pas dire : "Hiver glacial, je te fuirai pour toujours si tu me fais le coup des -20°C."
Il ne faut pas dire : "OK, OK, Hiver glacial, cette fois je déguerpis pour de bon si tu me refais le coup des -20°C cette année !"
Il ne faut pas dire : "Méga-classe allemande, je ne t'adopterai jamais, m'entends-tu ? Ja-mais !"

Ne vous en faites pas, je n'ai pas encore renié tous mes principes. Il m'en reste encore quelques uns. Pour l'instant.

mardi 26 octobre 2010

Vaudou en ville

Ce dimanche j'ai testé l'Ethnologisches Museum à Dahlem, un quartier franchement excentré et éloigné au sud-ouest de Berlin, avec un caractère presque rural : la station de métro s'appelle d'ailleurs Dahlem-Dorf, ce qui veut dire "Dahlem-Village". Mais ce "village" abrite plusieurs musées célèbres ainsi que la prestigieuse Freie Universität ("èffou" pour les intimes). Dahlem, c'est un peu la réponse de Berlin au plateau de Saclay.

La station faisait du teasing. Notez les attributs
anatomiques proéminents. Je n'ai pas testé le
confort des sièges...




Ma visite avait un but bien précis : c'était le dernier jour de la grande exposition "Vodou" qui durait depuis le mois de mai. Les rares affiches que je voyais de temps en temps dans le métro ont suffi à éveiller ma curiosité. Je n'ai jamais entendu autour de moi le moindre écho ni la moindre rumeur sur cette expo, ce qui était sûrement le signe d'un grand succès qu'une conjuration s'employait laborieusement à cacher au public. Car le vaudou se nourrit aussi de secret et de mystère.

Sur les 8€ du prix du billet, 1 ou 2€ étaient reversés
pour un projet culturel en Haïti



Mes attentes ont été largement dépassées. C'est fou qu'en Martinique on connaisse si mal la culture vaudoue haïtienne. Certes, c'est une pratique sulfureuse qui toujours été combattue par l'Église, mais je crois qu'ignorer complètement cette culture qui fait partie de notre héritage afro-caribéen n'est pas une bonne idée. En fin de compte, à nous de garder nos idées reçues sur ce qu'est le vaudou, et au public européen d'avoir la chance d'être mieux informé que nous Antillais à ce sujet. Pour moi, jusqu'à récemment, le vaudou et le quimbois de chez nous n'étaient qu'un amalgame de superstitions arriérées et malfaisantes auxquelles il ne faudrait accorder aucun intérêt, et je suppose que pour la plupart d'entre nous c'est le cas. Loin de moi l'idée de me mettre à rencontrer des sorciers ! Mais au moins lever un petit coin du voile pourrait être une bonne chose. La peur se nourrit d'ignorance.

Il y a beaucoup à dire sur le sujet mais je me suis contenté d'admirer les différents objets, prendre des photos et écouter le concert de l'artiste "germano-haïtienne" Ti-Corn, donc pour cette fois je vous épargnerai les grands discours.


Chèz pou lekspédisyon
Chaise pour l'expédition - on aimerait savoir vers où.
Ou pas.
Fotèy trètman ak krich
Fauteuil de "traitement" avec cruche
Un volontaire pour se faire "traiter" ?


L'expo "Vodou" avait superficiellement un côté Ikea à la marge : des chaises, des fauteuils, des miroirs, beaucoup de miroirs. Sans compter les familles de visiteurs par centaines. Des armoires avec des noms mystiques, bien plus exotiques que les fauteuils Poäng et les consoles Expedit : des boîtes "rogatoires" Bwat Wogatwa, des miroirs "Roi Lucifer" (Miwa Wa Lisifè), etc. Avec un coffre Madouleur dans votre salon, vous avez nettement plus de chances d'épater la galerie qu'avec une banale étagère Markör.


Ouuuhhh les vilains miroirs qui font peur !




Mais ce serait une erreur de s'en tenir là : Non, "Vodou" n'est pas l'Ikea branché et "ethnique" de demain. D'ailleurs les meubles n'étaient pas à vendre, hélas. Il y aurait pourtant un marché à conquérir. Mais loin de ces considérations bassement mercantiles, au Musée d'ethnologie, une culture méprisée pendant quatre siècles et confinée dans la semi-clandestinité jusqu'au début des années 2000 dans son pays d'origine nous était enfin présentée, avec beaucoup de respect et de sobriété. Je me trompe peut-être mais j'ai du mal à imaginer la même chose aux Antilles.




Erzulie, c'est "l'équivalent" vaudou
de la Vierge


Il y a bien eu une partie assez effrayante et morbide : celle consacrée aux sociétés secrètes du culte vaudou. Je ne me rappelle déjà plus trop les explications car j'ai passé cette section assez vite. Mais en gros ils n'avaient pas l'air d'être des tendres, ces Bizangos.



Un autre événement peut-être assez improbable aux Antilles : un concert de musique haïtienne chantée et interprétée par une artiste blanche, plus ou moins allemande, issue d'une famille de Teutons installés au Cap-Haïtien. Mais bienvenue au XXIème siècle, une époque où même la Slovénie, pas exactement connue pour son passé colonialiste, vient d'élire son premier maire noir. Alors pourquoi pas après tout. Elle parle parfaitement créole, elle, contrairement à... euh, moi. Ce qui compte c'est que j'ai beaucoup aimé sa musique, qui fait plaisir à entendre en terre prussienne. Des artistes comme TiCorn jouent un rôle important pour faire découvrir et apprécier une culture et une musique peu connues et éclipsées par des clichés tenaces. Le public s'est régalé, et l'ambassadeur d'Haïti en Allemagne, troubadour dans l'âme, a largement contribué au spectacle. Malheureusement la vidéo de sa chanson ne veut pas charger sur le site. Tant pis. À un moment je finirai par avoir la main avec les photos et les vidéos sur ce site. C'est plus compliqué qu'il n'y paraît, et la page de FAQ des blogs de Google est remplie de requêtes de blogueurs furibards qui n'arrivent pas à télécharger leurs photos ou vidéos.

Ici une petite minute bèlè haïtien, ou équivalent, en attendant que je réussisse à mettre en ligne d'autres vidéos :

video




jeudi 21 octobre 2010

Les Dents de la Mer, encore

Les prédateurs marins continuent de faire parler d'eux et de faire couler beaucoup d'encre (et de sang ???) aux Antilles ces jours-ci. Alors qu'en Guadeloupe, la chasse au féroce barracuda quasi-mangeur d'hommes bat son plein et les pêcheurs du Gosier se sont vu promettre 300€ de récompense pour la capture du monstre, la Martinique a eu sa part de surprise en sortant des eaux peu profondes de la mangrove un requin de belle taille, mais qui heureusement n'avait pas encore croqué de baigneur, et qui d'ailleurs n'appartient pas à une espèce dangereuse pour nous les humains.


Photo Olivier Thérèse-Basile - Clean-Ocean

En fait, les témoins se sont mobilisés pour tenter de sauver le squale, qui s'était mystérieusement retrouvé emprisonné dans les racines de palétuviers, et se débattait désespérément. Malheureusement, ils n'ont pas réussi à le libérer à temps et il s'est asphyxié.

Leurs efforts ne seront pas récompensés, rapporte le quotidien "France-Antilles". À bout de force, le requin est asphyxié. Finalement extrait des racines, le squale est ramené à terre, avant d'être longuement photographié… puis débité.

"C'était un requin d'au moins un mètre cinquante et pesant plus de 100 kilos" assure Olivier Thérèse-Basile qui a diffusé les clichés de l'animal.

Des images qui font penser à l'Observatoire du milieu marin martiniquais (OMMM) qu'il s'agissait d'un requin mako, une espèce naturellement présente dans les eaux de la Caraïbe (...)

"Les requins mako peuvent arriver à 3,5 mètres" précise en effet Bernard Renaudie, "celui-là était un jeune mâle. Il n'avait pas l'air blessé, ni malade, peut-être qu'il s'est piégé dans les racines en poursuivant une proie…" imagine Olivier Thérèse-Basile.


Dommage, mais c'est la dure loi de la nature. Le gentil requin n'a pas eu de chance. En revanche, le méchant sphyraena barracuda du Gosier se porte à merveille ! Et ces histoires de gros poissons me donnent malgré tout une grosse envie de baignade dans des eaux turquoises et chaudes, là, tout de suite...

À propos de prisonniers et de libération, souhaitons une issue heureuse et rapide au calvaire que vivent depuis cinq semaines les otages français d'Al-Qaida au Niger, parmi lesquels figure un ingénieur martiniquais de 28 ans seulement. Courage à toi, Thierry, et à tous les otages dans cette épreuve.

Thierry Dol toujours otage

franceantilles.fr 15.10.2010
Photo : collection privée

Originaire du François, Thierry Dol fait partie des sept personnes enlevées dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 au Niger. Il est depuis otage d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Ingénieur âgé de 28 ans, Thierry Dol travaille pour le compte du groupe Vinci.

mercredi 20 octobre 2010

Au Pays des Poètes, des Penseurs et des Politiciens sans Pudeur – Chapitre II

Si vous croyez qu'en Allemagne, ce pays de poètes et de penseurs distingués, les partis des franges extrêmes de l'échiquier politique ont le monopole de la provoc' et de l'impertinence d'un goût douteux en matière de communication, vous vous fourrez méchamment le doigt dans l'œil.

Toujours dans la même circonscription électorale de Friedrichshain-Kreuzberg-Prenzlauer Berg Ost, et pour la même élection de 2009, quand la candidate de l'extrême gauche la joue comme Braveheart, la candidate du centre-droit réplique du tac au tac en adoptant la stratégie dite "Sophie Marceau à Cannes" ou "Janet Jackson au Super Bowl".

Vera Lengsfeld a davantage à offrir

Vera Lengsfeld, candidate de la CDU d'Angela Merkel, a bien du mal à faire entendre sa voix de droite dans cette circonscription rebelle, où le parti au pouvoir est devancé localement par pas moins de trois partis de gauche. Alors que faire quand on en a marre de prêcher dans le désert et qu'on n'a plus rien à perdre ? Tenter le tout pour le tout : comme par exemple exhiber de respectables quinquagénaires en décolleté pigeonnant. La photo de la chancelière datait d'une soirée de gala en 2008 et sa tenue affriolante avait déjà beaucoup fait jaser à l'époque. Un an plus tard, la candidate berlinoise à court d'arguments a donc décidé de recycler cette image célèbre et de jouer à fond la carte de la féminité débridée pour convaincre un électorat sceptique. Le tout souligné d'un slogan mystérieux : "Nous avons davantage à offrir", nous dit-on. Ah bon.

Le verdict : pari en partie gagné, puisque ce racolage électoral éhonté a permis à Frau Lengsfeld de sortir de l'anonymat abject auquel elle était confinée et de faire parler d'elle jusque dans la presse étrangère. Malheureusement, ce coup de strip-poker n'a pas véritablement incité le public à prêter l'oreille à son argumentaire proprement dit. Les journalistes goguenards se sont empressés de railler cette bataille électorale peu banale que livraient les candidates de cette circonscription, luttant sans merci "à coups de seins et de fesses". Il ne manquait plus que le combat de catch dans la boue et le tableau serait complet. Peut-être à la prochaine campagne électorale ? C'est moche tout de même : en quelques semaines, deux candidates ont donc réussi à effacer trente ans de progrès de la cause des femmes en Allemagne.

Tout ceci pour atteindre une médiocre quatrième place et recueillir seulement 12% des suffrages. Les électeurs de Friedrichshain-Kreuzberg-Prenzlauer Berg Ost ont été clairement insensibles aux généreux appas de la candidate chrétienne-démocrate et ont voté massivement pour les candidats des partis de gauche, avec ou sans bonnet D.

En plus, une conséquence logique et quelque peu regrettable (pour la CDU) de cette campagne d'affichage olé-olé a été le déchaînement de parodies qui s'est ensuivi. Mais avouons qu'ils l'ont bien cherché. 


Nous avons encore plus à offrir !

Le sens m'échappe un peu là... si quelqu'un veut bien
éclairer ma lanterne je suis preneur !
Un élément de réconfort tout de même, c'est que le monde entier a pu enfin se rendre à l'évidence: que l'Allemagne a un nouveau sex-symbol de classe mondiale, un digne successeur de Claudia Schiffer, Diane Kruger et autre Heidi Klum, en l'occurrence la chancelière Angela Merkel en personne. Et pour ceux qui ne sont pas convaincus et qui trouvent que j'exagère, souvenez-vous de ce morceau que le groupe Saïan Supa Crew avait chanté quelques années plutôt, un hommage viril et galant à la beauté de Frau Merkel et à celle, non pas de sa poitrine mais d'une autre partie non moins avantageuse de son anatomie. Qu'est-ce qu'ils disaient, déjà ? Ah oui, quelque chose avec "pandan papa'w pa la"...


dimanche 17 octobre 2010

Les Ambassades Levantines - Deuxième Partie

Toujours rien sur la Pâtisserie des Ambassades, désolé !

En parallèle avec mes préparatifs pour mon entrée au Liban, je dois m'occuper de mon visa pour la Syrie.

Le quidam que je suis a commencé par se renseigner directement sur les sites des ambassades syriennes (en France et en Allemagne), vraiment mal fichus, mais tout en musique. Et quelle musique ! Premier bon signe : le site de l'ambassade syrienne à Paris nous avise de sa fermeture le mardi 6 octobre 2009. Oui, c'est bien cela, 2009. Ah merci, nous en prenons bonne note. Deuxième bon signe : les sites des ambassades de Syrie détaillent les formalités pour l'obtention du visa et indiquent, unanimes, qu'il coûte 23 €. J'activerai ici un lien après mon voyage ; rien ne sert de m'attirer le courroux des autorités syriennes juste avant d'aller me jeter dans la gueule du loup. Cependant, j'ai eu la présence d'esprit de ne pas faire la demande de visa par courrier (la procédure recommandée), mais d'appeler l'ambassade et de m'y rendre en personne. Au téléphone, le fonctionnaire, plutôt avare d'informations, m'explique après que je lui ai bien tiré les vers du nez, les divers papiers à fournir, puis m'annonce que cela va coûter 60 €. "Soixante euros ? m'exclamé-je. Mais enfin Monsieur, sur tous les sites internet et guides touristiques, et même sur le site de l'ambassade, on dit que c'est vingt-trois euros pour les citoyens français ! C'est vrai cher Monsieur, mais c'est ainsi : on a changé le prix ce mois-ci. À un mois près vous auriez encore eu votre visa à vingt-trois euros !" J'ai rappelé l'ambassade deux jours plus tard et je me suis fait reconfirmer la liste de documents à fournir ainsi que le montant à apporter en espèces : 60€.

Pour voir cette page et écouter l'hymne national, allez sur www.amb-syr.fr
(J'activerai le lien après mon voyage... pas fou non plus)

D'accord, on a changé le prix du visa. Ce sont des choses qui arrivent tout le temps. Mais croyez-vous qu'ils auraient la présence d'esprit de mettre à jour cette information sur les sites internet des ambassades ? Oh que non. J'imagine la bonne surprise qui attend toutes les personnes qui, n'ayant pas la chance d'habiter dans une capitale ou de pouvoir se rendre à l'ambassade à leurs horaires fantaisistes, se fient avec candeur aux informations fournies par le site internet officiel, font toutes les démarches par courrier et attendent patiemment et sereinement le traitement de leur demande pendant un délai de trois semaines. Les pauvres.

Mais ça c'était avant que je me rende à l'ambassade. Une fois sur place, les choses ont atteint une nouvelle dimension du surréalisme. C'est un vendredi matin d'automne, froid et gris. Un portrait sévère du président Bachar El-Assad domine la pièce et impose le respect, ou presque, enfin, si l'on veut. J'arrive en possession de tous mes documents et de 60€ en espèces. Lorsque mon tour arrive, un fonctionnaire examine mes documents les uns après les autres, et conclut, laconique :

"Il manque le récépissé du virement bancaire.
- Oui mais je peux régler en espèces n'est-ce pas ?
- Non, désolé.
- Mais j'ai appelé l'ambassade deux fois et à chaque fois vos collègues m'ont dit que je pouvais...
- Ils se sont trompés, me répond le préposé, d'un air agacé. Vous devez aller à la banque et faire un virement sur ce compte. Seize euros."

Sur ce, il sort de son tiroir un RIB de l'ambassade sur lequel il écrit "16€". Je ne peux que m'incliner.

"Où est la Bank XX la plus proche ?
- À l'Europa Center, sur Ku'damm. Allez-y, faites le virement et revenez avec le récépissé de l'opération."

L'ambassade de la République Arabe Syrienne

Pendant le quart d'heure de marche sous la pluie vers l'agence bancaire, une grande perplexité m'envahit. Pourquoi chaque fonctionnaire de cette fichue ambassade contredit le précédent ? C'est quoi maintenant cette histoire de seize euros ? C'est une bonne surprise de devoir payer quatre fois moins que prévu, mais je n'ose pas encore m'en réjouir. Au bout d'une demi-heure, je suis de retour, trempé jusqu'aux os mais muni du précieux document, la copie carbone de l'attestation de virement avec le tampon de la banque. Je dois attendre mon tour à nouveau. Las ! À peine le cerbère a-t-il regardé mon attestation officielle qu'il m'annonce, d'un air mauvais :

"Je ne vois pas notre numéro de compte sur votre document. Ça ne va pas du tout.
- Pardon ?
- Notre numéro de compte. Il n'apparaît pas sur votre attestation. Comment pouvons-nous être sûrs que nous recevrons l'argent ?
- Mais, mais... l'employée de banque connaît son boulot ! Elle n'a pas pu faire un virement sans noter vers quel compte ! Enfin...
- Il n'y a rien à faire. Votre document ne vaut rien. Pour autant que je sache, vous n'avez pas fait le virement, scrogneugneu !" conclut-il, borné.

Et pour souligner le fond de sa pensée, il me gratifie d'un regard lourd de sous-entendus : "Mais quel demeuré celui-là, c'en serait presque triste s'il ne me faisait pas perdre mon temps" ou quelque joyeuseté de ce genre.

"Je dois retourner à la banque ?
- Je ne vois pas d'autre solution. Enfin, si, il y en a bien une : vous revenez un autre jour après avoir fait le virement et muni d'une confirmation. Par ailleurs, nous fermons dans dix minutes, à midi."

Il savoure ma défaite avec avec un plaisir sadique. Dehors, il pleut et il vente si fort qu'on s'entend à peine. Mon visage se décompose.

"J'ai pris un jour de congé exprès. Il n'y a rien d'autre à faire ? Ce n'est pas ma faute si l'employée n'a pas bien fait apparaître le numéro de compte.
- Écoutez, faites vite. Je suis là jusqu'à 14h30.
- Merci beaucoup !"

Sur le parcours entre l'ambassade et la banque je pouvais...

... admirer quelques œuvres d'art intéressantes...

... ou me mirer dans les eaux noires du Landwehrkanal
Je retourne à la banque, soulagé d'avoir suscité une manifestation d'humanité chez le préposé, et surtout d'avoir conservé une chance de tout régler en une seule fois. À la banque, l'employée n'en croit pas ses oreilles mais elle me refait gentiment une copie en veillant bien à ce que toutes les informations soient bien visibles cette fois. Retour à l'ambassade, au bout d'une demi-heure, trempé, grelottant, exaspéré. Il n'y a plus personne à part moi puisque le service consulaire est maintenant fermé au public. Maléfik El-Sadiq me reçoit donc immédiatement (il aurait pu me faire attendre encore un peu mais apparemment c'est son jour de bonté) :

"Voilà, tout est en ordre maintenant. Vous pouvez venir récupérer le visa à partir de mercredi.
- On m'a dit que je pouvais fournir une enveloppe timbrée et me faire envoyer le visa par la poste. J'ai tout ce qu'il faut.
- Vous habitez Berlin ?
- Oui.
- Alors on ne vous enverra pas le visa par courrier. Venez le récupérer mercredi entre 14 et 15 heures ou à partir de jeudi, chaque matin entre 9h et midi."

Satisfait, il ferme, d'un air final, le dossier contenant tout mes documents et mon passeport. Tant d'amabilité, de gentillesse, et de chaleur méditerranéenne réunies chez une seule personne, c'en est émouvant. Tant de cohérence au sein d'une administration officielle, c'est à peine croyable. Je m'en vais, queue basse, sous une pluie battante. En refermant la porte, je vois ce cher El-Sadiq faire un clin d'œil narquois au portrait du président El-Assad. Le portrait lui rend son clin d'œil diabolique.


Archivo:Syria.BasharAlAssad.jpg

Leçon retenue : éviter comme la peste les dépositaires de "l'ordre" (vaste programme) dans ce pays. Pourvu que je n'aie jamais à me frotter à eux, sur place. Et pourvu qu'on me rende mon passeport et me donne mon visa cette semaine sans faire d'histoires. Mais je ne serais qu'à moitié étonné si on m'apprenait que le prix du visa a encore changé et que tout est à recommencer.

Je comptais me rendre aux services consulaires du Liban aussi pour obtenir le visa par avance et ne pas dépendre des aléas pouvant survenir à mon arrivée à Beyrouth, mais je crois que j'ai eu mon compte d'ambassades cette semaine !

Les Ambassades Levantines - Première Partie

Le titre de ce message peut prêter à confusion, mais au risque d'en décevoir beaucoup, je précise d'emblée qu'il ne va pas être question de la Pâtisserie des Ambassades, ce café sénégalais sur la 8ème Avenue à South Harlem, même s'il le mériterait largement. J'en ai gardé un souvenir ému de mes nombreux petits-déjeuners dans cet établissement incontournable de la "Little Africa" de Manhattan, de ses pains au chocolat, ses gâteaux et ses serveurs et serveuses bien sympathiques en plus d'être francophones.

Je vais plutôt parler des préparatifs pour mon prochain voyage, en Syrie et au Liban dans quelques semaines, car c'est l'heure de s'occuper des formalités de départ.

Pour le Liban, le visa semble être une affaire assez simple, pour l'instant en tout cas. Aussi bien l'ambassade du Liban à Paris que celle à Berlin indiquent que les citoyens des pays de la "CEE" peuvent obtenir un visa à l'aéroport ou à la frontière. La "CEE"... ils sont calés en matière de relations internationales, ces fonctionnaires des ambassades libanaises. Mais passons. Espérons qu'il n'y aura pas de mauvaises surprises à l'aéroport.

Là où les choses se gâtent, c'est qu'après m'être longuement abreuvé d'informations séduisantes sur la culture du Liban et tout ce qu'il y a à voir dans le pays, je découvre enfin, et un peu tard, les avertissements du site du Ministère des Affaires Étrangères, qui sont assez peu encourageants, pour ne pas dire flippants. Oups, j'ai déjà mon billet d'avion et il n'a pas coûté grand chose. Peut-être n'était-ce pas un pur hasard que les vols soient à prix maxi-discount ? Morceaux choisis :

Image et carte du pays Liban 

Les régions où les voyages sont formellement déconseillés sont indiquées en rouge.
Les zones en orange sont à éviter sauf raisons professionnelles impératives


"Les déplacements sont déconseillés (...) dans la Bekaa Nord, à l’exception du site historique de Baalbeck. Pour se rendre à Baalbeck, il convient d’emprunter la route principale, les axes secondaires étant formellement déconseillés. Dans la Bekaa Nord, des accrochages armés entre groupes rivaux peuvent affecter la sécurité des déplacements."

Voilà qui tombe bien : j'avais justement inclus comme priorités dans mon programme Tyr (en plein dans la grande zone rouge), Baalbek et leurs sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il va falloir y réfléchir à deux fois. Quant à Tripoli, partie facultative de mon programme, on va sûrement laisser tomber. Pourquoi aucun des sites de voyages que j'ai lus avidement sur internet ne mentionne ces petites difficultés ? La palme revient au site wikitravel.org, qui recommande même d'acheter un t-shirt du Hezbollah à Baalbek : "they are an interesting souvenir" nous dit-on sur un ton badin. Le principal risque encouru dans la région selon eux ? De se faire avoir sur le prix et que le t-shirt déteigne au lavage. L'horreur absolue. Loin de ces considérations frivoles, ce rabat-joie de Ministère poursuit sa litanie de nouvelles nettement moins réjouissantes :

"Dernière mise à jour : 25 août 2010. Des affrontements armés se sont déroulés dans plusieurs quartiers de Beyrouth Ouest dans la soirée du 24 août, faisant plusieurs morts et des blessés."

"Les graves incidents sécuritaires survenus ces dernières années (notamment attentats et manifestations violentes) ont montré que la situation sécuritaire pouvait se détériorer rapidement".

"Dans le Sud du pays, la présence de très nombreux engins explosifs (mines ou sous-munitions) constitue un grave danger. Des accidents dont sont victimes des civils sont régulièrement déplorés."

"Des étrangers qui utilisaient des taxis collectifs ont été victimes de vols à main armée dans certains quartiers de la capitale. Il est recommandé d’éviter de recourir aux "taxis services" collectifs et, notamment à l’aéroport international de Beyrouth, aux personnes qui proposent leurs services avec un véhicule privé". Je peux me rassurer : l'arrivée de mon vol à Beyrouth est prévue à 3 heures du matin, une heure où les bandits armés dorment tranquillement chez eux, bien entendu.

Pauvre Liban. Je ne connais que des Libanais géniaux et ces mises en garde semblent tout simplement surréalistes. Pourquoi les gens font ça à leur propre pays ? Les puissances occidentales sont nettement plus pragmatiques : quand l'envie les prend de guerroyer, de bombarder et de massacrer, elles s'en prennent plutôt à des pays situés à des milliers de kilomètres. C'est beaucoup moins incommodant ainsi. Après tout, cela nous échappe le plus souvent, mais la France est actuellement en guerre, alors que le Liban est officiellement en paix... Prions pour qu'il le reste, même si le président iranien vient en ce moment même y ajouter son grain de sel.

J'ai été victime de la croyance naïve selon laquelle un pays qui ne fait pas les titres de l'actualité en permanence est un pays où tout va relativement bien. Et dire que, quand mon chef a ouvert de grands yeux et m'a dit que j'étais imprudent d'y aller, j'ai ricané intérieurement et l'ai pris pour un gros ringard, du genre de ces Allemands sans imagination qui passent leurs vacances dans un trois étoiles avec vue sur les plages bétonnées de Mallorca ou de "Teneriffa". À la lecture de tout ceci, il n'avait pas entièrement tort. Reste à espérer que tout se passera bien sur place et que les Libanais sauront se retenir de se taper dessus pendant encore un certain temps.

En revanche, malgré quelques détails alarmistes, le Ministère des Affaires Étrangères semble heureusement considérer la Syrie comme un pays relativement sûr. Aucune mention n'est faite du contexte politique intérieur et du comportement à adopter. Faire profil bas devrait suffire.

"Les principaux lieux fréquentés par les touristes sont en revanche accessibles dans des conditions normales. Il convient d’adopter toutefois une attitude prudente, des cas de pickpockets ayant été récemment signalés." Ouh là là, des pickpockets ? Quel scandale ! Tout est remis en question.

"Compte tenu des incidents multiples rapportés par les autorités officielles de Damas, il est également recommandé de ne pas s’aventurer dans la zone frontière entre le Liban et la Syrie." Il va bien falloir que je la traverse, cette frontière, et apparemment cela se fait tous les jours sans problème. J'espère que par "s'aventurer" ils parlent de partir en randonnée ou à la cueillette aux champignons avec des copains du Hezbollah.

"D’une manière générale et compte tenu de certains incidents survenus depuis 2004 (fusillade, tentative d’attentat à la voiture piégée à Damas, incidents dans certaines zones rurales à l’été 2005, tentative d’attaque de l’ambassade des États-Unis en 2006, attentat dans la capitale le 27 septembre 2008), il est recommandé aux voyageurs de se tenir régulièrement informés et, à cette fin, de consulter ce site." Imaginons un peu la situation inverse : en cherchant bien, quelles mises en gardes les autorités syriennes peuvent-elles adresser à leurs ressortissants qui seraient assez imprudents pour se rendre en France ? À supposer, bien sûr, que le site du Ministère syrien des Affaires étrangères soit plus à jour que ceux des ambassades : "D'une manière générale et compte tenu de certains incidents survenus depuis 2003 (meurtre d'une actrice célèbre, émeutes urbaines périodiques dans les banlieues, voitures incendiées par centaines le 31 décembre de chaque année, multiples découvertes de bébés congelés, élection de Nicolas Sarkozy et annonce par les autorités de plusieurs attentats en cours de préparation), il est recommandé aux voyageurs de se tenir informés, d'éviter les banlieues, les centre-ville les soirs de fête, les maternités, le métro, la tour Eiffel, les bureaux de vote, TF1 et les concerts de Noir Désir." Bref, c'est louable d'informer le public, mais ils jouent un peu à nous faire peur. Et puis c'est sympa de leur par de recommander aux voyageurs de "consulter ce site"... précisément sur le site en question.

Bref, tout cela promet des vacances riches en émotions.

Ah, le mot de la fin : si l'on en croit le Ministère, ce n'est pas dans cette région que ma carrière de trafiquant de drogue va décoller. Trois fois hélas !

"En Syrie, les crimes et délits liés aux stupéfiants sont très sévèrement réprimés. Les personnes accusées de contrebande, fabrication ou culture de stupéfiants encourent la peine de mort, la réclusion à perpétuité ou, une peine d’emprisonnement d’au moins 20 ans. Les personnes accusées de trafic de stupéfiants risquent la réclusion à perpétuité et une amende de 25.000 à 100.000 euros."

"Avertissement concernant la drogue [au Liban] : La législation est très sévère et strictement appliquée. La simple possession ou consommation de drogue, même en quantité limitée à quelques grammes, est punie comme le trafic lui-même. Les peines d’emprisonnement applicables vont de 3 mois à perpétuité et sont assorties d’une amende importante (...) . Les conditions de détention au Liban, même pour une courte période, sont éprouvantes en raison de la surpopulation et de la vétusté des locaux pénitentiaires. (...) Les interventions sur dénonciation, y compris chez les particuliers, ne sont pas rares."

vendredi 15 octobre 2010

Et pendant ce temps, aux Antilles

La Guadeloupe est en émoi : un barracuda "géant" sème la terreur près des plages touristiques du Gosier. La vilaine bête sera-t-elle rapidement capturée et châtiée, ou la Guadeloupe verra-t-elle se dérouler un scénario digne des Dents de la mer en pire ? Toute une île retient son souffle.

La chaîne RFO y a consacré pas moins de 5:50 minutes lors du journal télévisé du soir, et le quotidien France-Antilles y a consacré sa une et un article bien documenté. Je trouve cela fascinant car j'ai toujours été passionné par les documentaires animaliers. Et puis ces images donnent surtout envie d'aller au plus vite à la plage malgré tout, juste en adoptant les bons comportements.

Couverture du France-Antilles de la Guadeloupe, jeudi 14 octobre 2010

TROIS ATTAQUES EN UN MOIS : la chasse au barracuda est ouverte

V. D. France-Antilles Guadeloupe 14.10.2010
(Sylvère Selbonne)

Un gros barracuda semble s'être approprié le littoral entre la plage municipale (Datcha) et la pointe de la Verdure, au Gosier. Plusieurs attaques ont été signalées ces dernières semaines, la dernière en date mardi. Les pêcheurs se mobilisent.


C'est très certainement un barracuda qui a mordu un baigneur, au Gosier, mardi en fin d'après-midi. C'est ce qu'ont immédiatement pensé les personnes qui ont vu les blessures. C'est aussi l'avis du directeur de l'aquarium, Philippe Godoc (lire ci-dessous).


Appelés vers 17 h 30, les sapeurs-pompiers de Sainte-Anne sont intervenus sur l'une des plages de la pointe de la Verdure, où un nageur venait de se faire mordre par un gros poisson à une dizaine de mètres du rivage. À l'arrivée des policiers, les pompiers prodiguaient les premiers soins à la victime. Un homme de 49 ans, arrivé la veille en Guadeloupe pour son travail. Ils ont constaté plusieurs morsures, notamment une grosse entaille d'une trentaine de centimètres de diamètre sur le flanc droit. Évacué au CHU et après des soins infirmiers, le blessé a pu regagner son hôtel dans la soirée.

(...)

Il y a un peu plus de trois mois, Patrice Douillard, chasseur sous-marin, avait eu connaissance d'une nouvelle attaque, « Une femme mordue à la cuisse sur la plage du Callinago » . Il en est convaincu : « Ça ne peut être qu'un barracuda. »

Hier à l'anse Canot au Gosier, l'attaque de la veille alimentait les conversations des pêcheurs, plongeurs et autres chasseurs sous-marins. Ils se disaient prêts à partir à la chasse. (Sylvère Selbonne)
Hier à l'anse Canot au Gosier, l'attaque de la veille alimentait les conversations des pêcheurs, plongeurs et autres chasseurs sous-marins. Ils se disaient prêts à partir à la chasse. (Sylvère Selbonne)
« Un gros, entre 15 et 20 kg »


Comme d'autres à l'anse Canot, il a aussi entendu parler d'une autre attaque. Une nageuse qui s'est fait mordre il y a une quinzaine de jours, non loin de l'endroit où le nageur a été attaqué mardi. On raconte aussi que, toujours à la pointe de la Verdure, un nageur est sorti en urgence de l'eau, averti par un spectateur de l'approche « d'un très gros poisson » .


Toutes ces attaques sont-elles imputables au même barracuda ? C'est fort possible, et il s'agirait d'un poisson d'une taille respectable, semble-t-il. Philippe Avril, nageur et plongeur au Gosier, se demande s'il ne pourrait pas s'agir de celui vu par des pêcheurs à la ligne. « Un gros, entre 15 et 20 kg. Un beau barracuda ! »


En tout cas, il est sûr d'une chose : « Plus il est gros, moins il a peur. » En règle générale, selon Philippe Avril, le barracuda n'est pas un poisson farouche. « Il s'approche des nageurs et souvent ils ne s'en rendent même pas compte.

Quand on plonge, ils viennent à trois mètres. » Des barracudas, il en croise pas mal en plongée et de plus en plus ces dernières années au Gosier. « Il y a beau coup de sardines (...) Ils viennent se ravitailler. »

(...)

Philippe Avril comme Patrice Douillard sont unanimes : normalement le barracuda n'attaque pas l'homme. C'est très rare. Alors pourquoi celui-là s'en prend-il aux nageurs ? Probablement pour une question de territoire (lire ci-dessous).

En tout cas, pas question de le laisser sévir plus longtemps. Les pêcheurs se mobilisent et la chasse au barracuda est ouverte.

En attendant il convient de rester prudent et Patrice Douillard conseille, entre autres, d'éviter de nager avec des bijoux (collier, bracelets montres...) et tout autre objet brillant. Tout ce qui pourrait scintiller et faire croire à la présence d'un poisson. La dame attaquée il y a quinze jours portait un maillot à strass...


Après l'attaque de fin septembre, les pêcheurs du Guadeloupe Marlin Club, emmenés par leur président, Miko, avaient capturé dans le secteur un barracuda de belle taille.Après l'attaque de fin septembre, les pêcheurs du Guadeloupe Marlin Club, emmenés par leur président, Miko, avaient capturé dans le secteur un barracuda de belle taille.



Pfff, encore une semaine difficile aux Antilles. Souhaitons bon rétablissement aux victimes, bon courage aux pêcheurs du Gosier et bonne chance aux baigneurs qui se trouvent là "pour leur travail", en espérant qu'ils ne fassent pas de mauvaise rencontre pendant leurs heures de boulot à la plage ! Et une chose est sûre, c'est que toutes ces personnes n'écouteront plus jamais Claude François comme avant.


Pour finir, la météo en Martinique ce vendredi, vous est donnée par France-Antilles Martinique. Oui, la vie est dure pour certains. Alors bon week-end à tous !

samedi 9 octobre 2010

Au Pays des Poètes, des Penseurs et des Politiciens sans Pudeur – Chapitre I

Chaque pays aime se définir d'une façon caractéristique, qu'elle soit historique, géographique, culturelle ou poétique, qui en fait un endroit unique et le distingue des autres pays. En France, c'est souvent avec un peu de fierté, ou parfois d'ironie, que l'expression "le pays des droits de l'Homme" est employée, même si très peu d'étrangers désignent la France sous ce vocable. Cependant, comme pour tout, quand on cherche bien, on trouve. D'autres expressions plutôt flatteuses pour les chevilles nationales incluent la Fille aînée de l'Église, la Doulce France, etc. Avec un peu de recherche, on peut trouver sur internet de chouettes compilations de périphrases désignant les pays, avec des exemples assez intéressants, et à ne pas toujours prendre au pied de la lettre, comme The Rainbow Nation, locution popularisée par Mgr Desmond Tutu pour désigner l'Afrique du Sud multiraciale et multiculturelle, l'Île d'Émeraude pour l'Irlande ou le très surprenant God's Own Country par lequel les Néo-Zélandais décomplexés désignent le territoire dont ils ont spolié les Maoris (qui eux, nommaient plus sobrement leur terre le Pays au long Nuage blanc), et bien d'autres exemples encore, tantôt plats, tantôt étranges, intéressants ou drôles.

De nombreux pays sont si petits qu'ils ne figurent sur aucun listing de ce genre sur internet, mais ils existent bien et leurs surnoms aussi ! Ainsi, au cœur des Caraïbes, la Dominique est connue d'elle-même et des îles environnantes comme l'Île aux 365 Rivières, tandis que la Martinique voisine s'identifie comme l'Île aux Fleurs, la Guadeloupe, l'Île aux Belles Eaux, chacune étant pour l'autre "l'île sœur". Parmi les nombreux pays trop obscurs et insignifiants pour être mentionnés sur ces compilations généralistes sur internet, la patrie de Kant, de Hegel, de Goethe, de Heine et de beaucoup d'autres, n'est pas en reste, et se flatte d'être "das Land der Dichter und Denker", le Pays des poètes et des penseurs, rien de moins. Et il suffit de passer un peu de temps en Allemagne pour se rendre compte qu'il y a bien un fond de vérité à cette gloire autoproclamée, surtout si l'on veut bien comprendre les concepts de poésie et de pensée dans leur sens le plus large.


Alors que je regardais récemment les photos enregistrées dans mon téléphone, je suis tombé sur quelques spécimens intéressants. Comme celui-ci :



"Mit Arsch in der Hose in den Bundestag"

Ceci est une affiche, vue dans une rue de Berlin, en octobre 2009, il y a un an. OK, kein Problem, rien qu'une affiche en somme. Sauf que c'est une affiche électorale. Quelques jours plus tôt, l'Allemagne avait voté pour renouveler son parlement fédéral. Et Halina Wawzyniak, comme le laisse penser l'affiche, était la candidate du parti Die Linke, "La Gauche", dans la circonscription berlinoise de Friedrichshain-Kreuzberg-Prenzlauer Berg Ost. Et cette affiche, on la voyait dans toute le secteur, par centaines. Mais pas une seule montrait le visage de cette candidate ! Juste son dos, son t-shirt relevé laissant voir son tatouage (temporaire, précise un article que je ne parviens pas à retrouver) qui dit "Socialist", son jean Lidl à 13,99 € et, euh, le derrière de cette candidate. Et que dit le message alors ? Mot à mot, "Vers le Bundestag avec le cul (Arsch) dans le pantalon", ce qu'on pourrait traduire par "Votre candidate pour le Bundestag en a dans le pantalon", pour conserver un peu du sens initial du slogan... C'est beau comme un poème, un poème de rébellion anticapitaliste, qui se déclame, le dos tourné à son public, le poing droit levé (ou juste le majeur peut-être), juste avant d'entonner L'Internationale à en secouer le Fernsehturm. Mais en matière poétique, cette pauvre Halina n'a malheureusement rien inventé. En effet, la poésie a fait tomber les derniers tabous autour du postérieur bien avant qu'elle ne soit de ce monde, par exemple dès le XVIIème siècle avec ce très galant Sonnet sur le Cul d'une demoiselle d'un certain Robert Angot, sieur de L'Éperonnière, bien injustement retombé dans l'oubli :


Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont le doux regard sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre obliges mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire ;

Cul qui sur tous les culs remportes la victoire,
Cul qui passe en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite obliges mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoires,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire !


Ces cochons de poètes français ne se sont pas arrêtés en si bon chemin, mais je m'en tiendrai là et éviterai d'étaler sur ces pages la contribution notoire d'un certain Arthur R. et son comparse Paul V. Je crois que ma démonstration est suffisamment percutante ainsi : exhiber son fondement sur une affiche électorale pour créer le buzz, OK, c'est novateur, mais en matière de profondeur philosophique ou de création poétique, ce coup d'éclat ne pouvait que laisser sur leur faim les dignes héritiers d'une tradition intellectuelle et littéraire exceptionnellement riche. 

D'ailleurs, l'électorat traditionnellement bien ancré à gauche de cette circonscription (composée du quartier populaire ouest-berlinois de Kreuzberg, à forte population d'origine turque, et des quartiers est-berlinois de Friedrichshain et de Prenzlauer Berg) ne s'y est guère trompé et n'a pas voté comme un seul homme pour la candidate à la croupe mutine : ce sont les Verts du septuagénaire Hans-Christian Ströbele qui ont remporté l'élection, avec 47% des voix, creusant nettement l'écart avec les autres partis par rapport à l'élection précédente en 2005. Toutefois, concédons que les électeurs de Friedrichshain-Kreuzberg, indulgents, n'ont pas non plus administré une sévère déculottée à Halina Wawzyniak, puisque, bien qu'ils aient été un peu moins nombreux à voter pour Die Linke qu'en 2005, la candidate anticapitaliste est arrivée en deuxième position, avec 18% des suffrages, dépassant sur le fil le candidat d'un parti social-démocrate en pleine déconfiture. Comme quoi, elle a plus que limité la casse rien qu'en montrant ses fesses et son beau tatouage. Félicitations Madame W !


Et maintenant, il reste un dernier mystère à révéler : à quoi ressemblez-vous donc, Halina W ? Ne nous faites plus attendre : nous brûlons de voir enfin votre joli minois.



          


Ah d'accord. Tout de suite on comprend mieux...

Allez, ne boudons pas notre plaisir et accordons-nous juste une dernière affiche pour la route !
 
http://farm4.static.flickr.com/3447/3887108170_61c21c781e.jpg
Le derrière d'Halina W face à un vestige du mur de Berlin (East Side Gallery), à Friedrichshain


 À suivre...

vendredi 1 octobre 2010

Vesterophobia

Cette semaine, je suis à Västerås, pour mon sixième séjour dans la cinquième plus grande ville suédoise, au centre du pays, enfin je ne vous apprends rien. Wouahou ! À mon arrivée l'autre soir à l'aéroport de Stockholm, les vingt petites minutes de retard de mon vol ont eu de lourdes conséquences: j'ai loupé d'un cheveu le dernier bus 866 pour Västerås. Résultat: à 23h30, par une froide nuit d'automne boréal, j'ai grelotté de longues minutes sur le vaste parvis tout en béton dans l'attente d'un taxi. Quand il a fini par arriver, à ma grande surprise, le chauffeur a accepté la course, mais à la condition expresse que je paye avant le départ car "le terminal de cartes de crédit ne fonctionne pas là-bas" ou quelque conte surréaliste de ce genre... Je savais que je me rendais dans une contrée reculée, mais pas à ce point. Je me suis donc délesté par avance de 1.430 kronor, soit la bagatelle de 160 € au taux de change actuel, et après une heure de route et 100 km à travers la forêt, me voici dans mon quasi deuxième chez-moi scandinave, bien à mon corps défendant...


À Västerås (prononcez "vesterausse"), sur les rives du grand lac Mälaren, l'ennui est érigé en art de vivre. La neurasthénie est une condition tout à fait normale voire enviable, surtout au bout de quelques dîners au Jensen's Bøfhus du coin (la sinistre version danoise de L'Hippopotamus, présente dans toute la Scandinavie), et un éclat de rire dans la rue vous attire des regards réprobateurs des passants. Les mieux disposés à votre égard, pour peu qu'ils parviennent à surmonter leur indignation bien légitime, vous rappelleront sur un ton neutre qu'un excès de bonne humeur sur la voie publique en-dehors des jours de beuverie nationale peut vous mettre en contravention avec pas moins de trois arrêtés municipaux. Ah mais c'est qu'on ne badine pas avec les règlements contre la pollution sonore, cher Monsieur. Pour couronner le tout, rire trop souvent, en plus d'être un signe évident de niaiserie, ça donne de vilaines rides à la longue. Mieux vaut être beau et triste que moche et gai.


Pourtant, ce n'est pas si mal comme endroit, loin s'en faut. Ce ne sont pas les motifs de fierté qui manquent aux habitants. Après tout, bien peu de préfectures provinciales somnolentes de par le monde peuvent s'enorgueillir d'être le berceau historique d'une chaîne de magasins de prêt-à-porter de renommée mondiale. D'ailleurs, tous ces mannequins qu’on voit dans les campagnes d'affichage à travers le monde sont des citadines ordinaires photographiées sans chichis à la sortie du lycée ou de la fac, je vous assure.


Elin et Åsa, 19 et 20 ans, étudiantes en neurobiologie cellulaire à l'université Lisbeth-Salander de Västerås,
se rafraîchissent volontiers au lac Mälaren entre les séances de TD
tout en taquinant l'objectif pendant ces moments de détente
 
Une fois qu'ils ont gagné votre respect par cette révélation sensationnelle, les Vesteriens se rengorgent et vous annoncent, au détour d'une conversation sur les avantages comparatifs des Volvo des uns et des Saab des autres, rien de moins que le scoop de la décennie : Ikea va prochainement ouvrir dans le quartier d'Erikslund le plus grand magasin de möbler du pays ! Et lorsque la nouvelle a produit son effet, et que vous commencez à peine à vous remettre du choc, l'on vous assène sans ménagement le coup de grâce : oui, ici même, à Västerås, juché au sommet du "Skrapan", ce gratte-ciel qui se dresse fièrement au centre de la ville, se trouve le plus haut "sky-bar" de tout le royaume de Suède, un phare de coolitude resplendissant tout en haut du firmament du Västmanland et bien au-delà. Ah, prenez garde, tour Eiffel, Empire State Building, Fernsehturm ! Le Skrapan, auguste excroissance post-architecturale, vous méprise en majesté.


Et puis, petite ville oblige, il y a la nature : ce lac disions-nous, certes un peu frais pour la baignade pendant les six semaines d'été, mais idéal pour de grandes randonnées autour des îles, patins à glace aux pieds, pendant la haute saison des sports d'hiver, d'octobre à mai. Mais aussi cette immense forêt de bouleaux et de sapins qui entoure la ville, une haute muraille vert sombre, élégamment rehaussée de jaune et de rouge en cette saison, qui enserre l'horizon, d'où la nécessité vitale du Skrapan, pour voir plus loin, plus de lac, plus d'îles, plus de bouleaux, et plus de sapins. Elle  


est peuplée de loups, d'ours, de lynx, et
surtout d'élans, qui, comme tant d'humains habitant cette rude contrée, ont un penchant notoire pour l'ivrognerie. Sans oublier les dernières licornes d'Europe qui, menacées de disparition en ces temps de recul de la biodiversité, y ont trouvé refuge. Saviez-vous que Charles Perrault a eu l'idée du Petit Chaperon rouge en revenant d'un pique-nique avec sa mère-grand au hameau voisin de Finnslätten ? Du moins, c'est ce que Sven-Erik, avachi au comptoir du Karlsson på Taket, sur le toit du Skrapan, que dis-je, du monde, m'assure avec aplomb après une troisième pinte de Pripps Blå lättöl.


Le lättöl, une bière pour les hommes, les vrais


En fait, le pire du pire, à Västerås, c'est qu'au bout de cinq ou six séjours, on commence à s'y faire des amis, et à y passer des moments agréables. On se surprend à trouver des côtés sympas à cette ville et un bon fond à ses habitants.

C'est décidé, l'année prochaine je m'y installe pour de bon !



Västerås au lever du jour, du 9ème étage du Skrapan,
avec le lac et les îles à l'arrière-plan.








Scène de rue, devant la gare, à l'heure de pointe

La cueillette aux champignons permet quelques trouvailles intéressantes
comme cette superbe amanite tue-mouches.
En plus du risque de tomber "nez à truffe" avec un loup...








Scène de la forêt de Västerås

A miniature stuga (traditionnel house) in Västerås, in Central Sweden. Image: Daniel Köttbullekvist
A miniature stuga (traditional house) in Västerås, in Central Sweden. Image: Daniel Köttbullekvist

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