Le lieu : Berlin-Steglitz, 52°N, 13°E, 73.000 habitants dont un millier de Porsche.
La date : le soir de la fête de Pâques grecque orthodoxe, le 4 mai.
Ce samedi-là, j’avais naïvement accepté d’accompagner Mr Bonsoir et quelques amies au fin fond de Steglitz, un quartier ouest-berlinois plutôt cossu et complètement excentré de la Hauptstadt,
à environ quatre heures et demi de métro de Friedrichshain, un bout du monde où jusqu’ici je ne m’étais jamais aventuré. En vérité je vous le dis, fidèles Lecteurs : depuis les toits de Friedrichshain, on voit la Lune, mais on ne voit pas Steglitz. Je dis ça, je dis rien. Le but avoué de notre expédition
était, tenez-vous bien, d’assister à une messe de Pâques grecque orthodoxe. Un samedi soir,
à minuit par-dessus le marché, à l’heure où tout Berlinois bien dans ses Birkenstock Converse préfère écumer les bars bruyants des quartiers hype plutôt que de s’infliger le silence des bénitiers en simili-marbre... Qu’étais-je donc allé faire dans cette galère ?