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dimanche 10 novembre 2013

Escapade à Québec en images

Une éclaircie sur le Château Frontenac, le 27 octobre
Dans l’ombre de l’envoûtante Montréal, grande cité commerciale à la skyline colossale, vaste métropole multiraciale de renommée mondiale, la ville de Québec, discrète «capitale nationale» et siège des principales institutions gouvernementales, est une fait figure de bourgade tranquille au charme tout provincial. 

Provinciale, peut-être, mais avec sa population qui dépasse peinard le demi-million d’âmes, elle se paie le luxe de surclasser Lyon. En fait, la capitale qui a donné son nom à la Belle Province a deux fois plus d’habitants que Bordeaux, et pour enfoncer le clou, et ça c’est l’argument qui mettra tout le monde d’accord, elle est carrément cinq fois plus peuplée que Fort-de-France. Bref, qu’on se le dise, Québec n’est pas une petite ville, loin de là. Voilà qui devrait remettre les pendules à l’heure.

lundi 19 août 2013

Voisinage infernal à Berlin-Mitte

Nous sommes en 2013 après Jésus-Christ ; tout le quartier Berlin Mitte est gentrifié par les requins de l’immobilier. Tout ? Non. Car un Wohnprojekt alternatif peuplé d’irréductibles squatteurs résiste encore et toujours aux promoteurs aux dents longues et à leurs complices de toujours, les politiciens véreux et corrompus qui gouvernent la ville.

lundi 15 octobre 2012

Octobre : «Bienvenue chez moi»

15 octobre, 12 heures pétantes à Mailhac-sur-Benaize. Pour la douzième fois consécutive, et sans doute la dernière, je participe à La Photo du Mois. Le thème de ce mois d’octobre, choisi par Gilsoub, est «Bienvenue chez moi».

Bienvenue, donc, sur Les Chroniques Berliniquaises, un blog en friche, hélas. À l’abandon. Un peu comme l’Hôtel Amilcar de Sidi Bou Saïd, grande bâtisse autrefois luxueuse en bord de mer, un Éden déchu de sérénité maritime, dans une banlieue chic de Tunis. 

Bienvenue à l'Hôtel Amilcar! Réservez dès maintenant vos chambres.
Spacieuses, lumineuses, très aérées, vue dégagée sur la Grande Bleue.
Des travaux de rénovation étaient en cours afin de moderniser cet ancien fleuron de l’hôtellerie tunisienne, devenu, après plusieurs décennies de glamour et de volupté, quelque peu vieillot et démodé. Las! Une révolution est passée par là, puis quelques ennuis judiciaires entre l’ancien et le nouveau propriétaire, et puis, plus rien. Les bétonneuses se sont figées, les marteaux se sont tus, et les ouvriers sont partis. Le chantier n’avance plus. Depuis deux ans, un majestueux squelette de béton fait face à la mer.

jeudi 12 janvier 2012

Expo “Cloud Cities” : Tomás Saraceno au Hamburger Bahnhof

Jusqu’à ce dimanche, 15 janvier, vous pourrez admirer une vingtaine de grosses bulles faites de plastique, de métal et de matériaux organiques qui sont exposées dans la nef centrale du Hamburger Bahnhof. Leur créateur, Tomás Saraceno, est un Argentin de 39 ans formé à Buenos Aires et à Francfort où il vit et travaille encore (tiens, un artiste qui ne vit pas à Berlin, étonnant ça), et qui a déjà fait parler de lui un peu partout dans le monde, pour résumer son CV.

Tomás Saraceno, un artiste dans sa bulle
“LES installations de Tomás Saraceno ont pour objectif de briser les conceptions traditionnelles d’espace, de temps, de gravité, ainsi que les idées traditionnelles concernant l’architecture. Ses œuvres invitent le spectateur à jouer un rôle dans leur impact sur les espaces qu’elles dominent. Elles s’élèvent vers le ciel ou plongent vers le sol. Certaines sont des jardins suspendus dans les airs et permettent aux visiteurs d’y entrer et d’y réaliser leur rêve de s’envoler. Saraceno tire son inspiration des bulles de savon et de la flexibilité et de l’incroyable résistance des toiles d’araignée.”

samedi 31 décembre 2011

Chronique martiniquaise (6) : Hors les murs

J’aurais bien voulu causer avec vous plus longuement, chers amis, mais vous savez ce que c’est, avec les vacances et tout ça, on n’a jamais le temps de se poser et de faires les choses bien comme on voudrait. Alors, histoire de vous faire patienter d’ici au prochain billet rédigé avec soin (car je sais que vous n’avez que ça comme souci un soir du 31 décembre...), après notre visite des marchés de Fort-de-France de ce début de semaine, voici en vrac quelques photos de scènes de rue typiquement martiniquaises, le genre d’images avec lesquelles j’ai grandi.

lundi 10 octobre 2011

KKK & KKK

Que faire à Berlin pour passer un démarrer son dimanche sur un moment festif, musical et culturel avec quelques amis, dans la fraîcheur vivifiante des matins clairs ce début d’automne ? Un énième after électro au Panorama Bar avec comme toujours la bouille sympathique de notre Svenounet d’amour et quelques centaines de noctambules aux yeux vitreux qu’il convient, passé un certain nombre d’heures après le lever du soleil, de qualifier plutôt de «matinambules», voire d’«après-midambules», et descendre des Cuba Libre et des vodkas red-bull (et d’autres cochonneries bien pires) à une heure où les gens raisonnables devraient plutôt se contenter d’un verre de jus d’orange sans ajout de vodka ? Mouais, Berghain, c’est so last year. Dormir jusqu’à 15 heures du matin pour récupérer de la fatigue d’une longue soirée hip-hop et baby-foot à la Cassiopeia ? C’est certes tentant, mais guère festif, ni vraiment musical, ni franchement culturel... Une messe à la Sankt-Hedwig Kathedrale ? Euh... une autre fois peut-être ? Un match de rugby Australie-Afrique du Sud à 7h30 du matin chez Charlize (*), la collègue arrivée de Johannesburg au printemps dernier ? On n’est pas maso à ce point quand même. Ici en Allemagne, il faut être sacrément mordu d’Ovalie pour voir ces matches de Coupe du monde diffusés à des heures où tout Berlinois qui se respecte dort ou danse encore en boîte.

En fin de compte, le hasard a fait qu’en compagnie d’Anne et Sylvain (*), deux jeunes mariés venus de Paris pour s’encanailler avec moi sur les rives de la Spree le temps d’un weekend venteux, j’ai involontairement rompu la dialectique Disko vs. dodo du dimanche matin berlinois. Au lieu de choisir entre ces deux options, nous avons botté en touche et opté pour une troisième voie : KKK & KKK. Rien à voir avec les blancs fantômes zinzins à chapeaux pointus du Mississippi, mais plutôt Kaffee, Kroissants, Kinderbetreuung und Klassische musiK im Konzerthaus (café, croissants, garde d’enfants et musique classique à la Maison des Concerts - oui OK j’ai pris quelques libertés avec l’orthographe pour que ça marche... et alors ?).

Une perspective alléchante
Le principe est fort simple et tout est dit dans le titre. Ce dimanche au Konzerthaus de Gendarmenmarkt, les matinaux parmi nous ont eu le privilège d’écouter deux œuvres classiques au cours d’une matinée dédiée à Mozart : son concerto pour violon et orchestre n°5 en la majeur et sa symphonie «de Prague». Pour la modique somme de 24€, le public avait droit aux services suivants : petit-déjeuner (en français dans le texte sur le billet de concert, le mot allemand Frühstück étant de toute évidence trop vulgaire pour un établissement aussi réputé), garde d’enfants (nous n’en avons pas vraiment eu besoin) et musique ! Certains y ont ajouté l’option sieste, une idée intéressante même si je trouve que c’est pour le moins dommage car les strapontins du Konzerthaus, au dossier rigide et ultra-vertical, ne sont pas vraiment le lieu idoine pour un roupillon réparateur. Et puis pour 24€, on trouve des lits plus confortables en auberge de jeunesse à Kreuzberg, certes sans Mozart en fond musical, mais quand même...

Le Konzerthaus derrière une statue de Schiller, sur le Gendarmenmarkt
C’était ma toute première «matinée» depuis mes années d’écolier, et je me suis senti très fier de faire monter le niveau, m’imaginant un de ces aristocrates oisifs des siècles passés qui allaient au concert le matin ou l’après-midi, entre un moment de badinage avec la Marquise de La Chiboulière, une après-midi d’intrigues politiques avec le cardinal Von Lubryck et une soirée élégante à la cour. Le chef d’orchestre, au lieu de revêtir la queue-de-pie de rigueur lors des «soirées»,  portait une veste noire tellement informe et décontractée qu’elle pourrait fort bien être son haut de pyjama... Nous sommes convaincus que c’était bien le cas. On peut être chef d’orchestre et avoir quand même des difficultés au réveil le dimanche matin, c’est bien humain ! D’ailleurs, cette marque noire à son poignet, n’était-ce pas un tampon du Berghain ?

Juste avant le concert (et juste après le petit-déjeuner)

Il y a au plafond du Konzerthaus deux-trois moulures toutes discrètes...

Réécoutons un peu la musique de Mozart que nous avons entendue ce matin. Un extrait du troisième mouvement (rondeau, menuet) du concerto pour violon et orchestre n°5. À ce stade, j’étais enfin complètement éveillé et à fond dans la musique. Pour une meilleure écoute du morceau (certes sans les images du Konzerthaus), essayez peut-être ici...



L’ouverture de la symphonie n°38 en ré majeur, dite «de Prague», que vous pouvez mieux écouter ici. Oui, il est grand temps que je m’achète un téléphone avec une meilleure caméra.



Début du deuxième mouvement de la symphonie (adagio) :



Fin de la symphonie de Prague (presto) :



Bien que nous ayons loupé le petit-déjeuner, qui était servi uniquement AVANT le concert, et surtout pas après, ce fut une très belle expérience, à retenter absolument, dans le cadre toujours enchanteur du Gendarmenmarkt, dès que je me sentirai à nouveau capable d’émerger du confort tiède de ma couette à 9 heures du matin un dimanche... Je vous dirai alors si les croissants du Konzerthaus en valent la peine.

À propos de la salle : cet établissement que nous connaissons actuellement sous le nom de Konzerthaus Berlin n’a pas toujours été une salle de concerts. À l’image de la ville-phénix qu’est notre métropole prussienne, son histoire est mouvementée et comporte son lot d’anéantissements et de renaissances. Le bâtiment actuel a été terminé en 1821 au terme de trois ans de travaux et a ouvert sous le nom de Königlisches Schauspielhaus (Théâtre Royal), en remplacement d’un théâtre plus ancien détruit par un incendie. L’édifice est resté consacré au théâtre jusqu’à la dernière guerre, malgré plusieurs changements de nom. En 1944, les bombardements alliés laissent le bâtiment en ruine. Il sera reconstruit, avec un aspect extérieur fidèle à l’original mais un intérieur largement remodelé, pendant les quarante (!) années suivantes par la RDA, avant d’ouvrir enfin ses portes en octobre 1984 en tant que salle de concerts, les coulisses de l’ancien théâtre ayant disparu.

Tssk. Une sieste à 24€ sur un siège rigide, et même pas un chouïa inclinable, est-ce bien raisonnable ?

Pas de doute, c'est un haut de pyjama !
Le Konzerthaus et le Dôme Français sur Gendarmenmarkt


Rappel complètement inutile : au centre de Berlin, dans l’ancienne Friedrichstadt, aujourd’hui quartier du district de Mitte, le Gendarmenmarkt («Marché des Gendarmes») est sans doute la plus belle place de toute la capitale, et l’un des rares endroits de Berlin qui ont vraiment du charme esthétique comparable à celui des autres capitales européennes plus réputées pour leur élégance que pour leurs folles nuits électro. Elle abrite deux églises symétriques qui semblent presque identiques (mais en fait pas du tout), le Dôme Français (französischer Dom) et le Dôme Allemand (deutscher Dom). Le mot Dom veut aussi dire «cathédrale» en allemand, mais en réalité aucune de ces églises hétérozygotes n’est une cathédrale à proprement parler, l’évêque siégeant ailleurs. Haha, mais c’est qu’on se ferait presque avoir avec ces subtilités. Ces temples ont été érigés par et pour les huguenots français et suisses qui ont littéralement envahi la modeste bourgade qu’était la capitale prussienne à la fin du XVIIème siècle, fuyant les persécutions de Louis XIV et d’autres conflits religieux. J’aime rappeler ce fait à mes amis berlinois, et insister, aussi lourdement que possible, sur cette sublime contribution française au développement de leur ville, ou, devrais-je plutôt dire, notre ville. Les clochers et les coupoles ont été rajoutés en 1785, au terme d’intenses modifications et embellissements des bâtiments et de l’esplanade. Entre les deux églises se situait à l’origine un modeste théâtre de comédie française dont Wikipedia ne dit pas grand chose. Un théâtre français au cœur de Berlin... ils savaient vivre à l’époque ! En 1944, le Gendarmenmarkt et ses prestigieux bâtiments n’étaient plus qu’un champ de ruines fumantes. Après des décennies de rénovations, la restauration du Dôme Français s’est achevée en 1981, et celle du Dôme Allemand, sept ans plus tard, grâce au travail patient d’une RDA à bout de souffle qui vivait alors ses derniers mois...

(*) Comme d’habitude, j’ai changé les noms des personnes mentionnées et modifié quelques détails...
Le Dôme Français, côté nord de la place, ce dimanche.
Le Dôme Allemand, en face
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