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mercredi 10 juillet 2013

On a testé : Steglitz vaut bien une messe

Le lieu : Berlin-Steglitz, 52°N, 13°E, 73.000 habitants dont un millier de Porsche.
La date : le soir de la fête de Pâques grecque orthodoxe, le 4 mai.

Ce samedi-là, j’avais naïvement accepté d’accompagner Mr Bonsoir et quelques amies au fin fond de Steglitz, un quartier ouest-berlinois plutôt cossu et complètement excentré de la Hauptstadt, à environ quatre heures et demi de métro de Friedrichshain, un bout du monde où jusqu’ici je ne m’étais jamais aventuré. En vérité je vous le dis, fidèles Lecteurs : depuis les toits de Friedrichshain, on voit la Lune, mais on ne voit pas Steglitz. Je dis ça, je dis rien. Le but avoué de notre expédition était, tenez-vous bien, d’assister à une messe de Pâques grecque orthodoxe. Un samedi soir, à minuit par-dessus le marché, à l’heure où tout Berlinois bien dans ses Birkenstock Converse préfère écumer les bars bruyants des quartiers hype plutôt que de s’infliger le silence des bénitiers en simili-marbre... Qu’étais-je donc allé faire dans cette galère ?

Un pèlerin allume des cierges dans une église grecque orthodoxe. Pas à Steglitz, certes, mais à Jérusalem. Mais bon vous voyez l'idée. De toute façon, depuis Friedrichshain, c'est le même temps de voyage.

jeudi 15 mars 2012

Mars : «L’Hôtel de Glace»

Saperlipopette ! Déjà le 15 mars ! Eh bien à midi pile heure de Nogent-le-Rotrou, des millions et des millions de blogueurs francophones partout à travers le monde publient La Photo du Mois. Le thème du mois de mars, choisi par Blogoth (je crois) est «Glace».

Au moment où le thème a été annoncé, début février, nous grelottions de froid et le choix semblait tomber sous le sens. Un mois après, alors que les bourgeons font enfin leur apparition et que les jours s’allongent, difficile de se replonger dans les clichés d’hiver. J’ai donc décidé de faire totalement l’impasse sur mes 928 photos de Berlin pris dans les glaces et de proposer quelque chose de complètement différent.

mercredi 15 février 2012

Février : Rêve d’horizons lointains

Hé, mais c’est déjà le 15 février ! Comme tous les mois, le même jour, à midi heure de Paris, c’est le moment de découvrir la Photo du Mois. Le thème proposé pour ce mois-ci n’a pas été très facile. Il fallait soumettre une photo avec pour sujet «Mon rêve serait...»

La belle affaire ! Et bien mon rêve à moi serait de passer beaucoup moins de temps devant des tableaux Excel qui ne servent à rien. Je partirais à la découverte de contrées lointaines ; je pourrais, comme Ulysse, faire de beaux voyages, ou comme cestuy-là qui conquit la toison, et puis m’en retourner, plein d’usage et raison, vivre entre mes parents le reste de mon âge.

La photo ci-dessous a été prise dans l’Atlas marocain, non loin d’un tout petit village berbère dont j’ai oublié le nom, à une journée de marche de la légendaire station de ski d’Oukaïmeden. 

mardi 15 novembre 2011

Novembre : «Au bout du monde»

Au hasard d’une promenade virtuelle dans l’univers quasi-infini de la blogosphère mondiale, un jour où je sautillais d’un blog à l’autre pour tromper l’ennui qui m’accablait au bureau devant d’arides tableurs Excel, et me rendais progressivement à l’évidence tragique que mon blog génialissime, auquel je consacre tant de temps, n’est qu’une infime poussière, une quantité négligeable dans l’immensité de la galaxie du web 2.0, je suis tombé nez à nez avec une communauté ma foi fort sympathique de blogueurs francophones, «La photo du mois». Le principe est très simple : le 15 de chaque mois, les membres du groupe s’obligent à publier, lorsqu’il est 12 h tapantes à Berlin, euh non pardon, à midi heure de Paris bien évidemment (ah mais suis-je bête, c’est tout pareil), une photo sur leur blog, selon un thème donné qui a été choisi par un membre du groupe et validé par la communauté.

J’ai été immédiatement abasourdifié par la renversitude inouïe de ce concept, et j’ai eu envie de participer, pour m’intégrer fissa à cette communauté trop cool. Il y a déjà eu un bon paquet de photos du mois sur tout plein de thèmes depuis l’année dernière. Ce mois-ci, le thème proposé est : «Au bout du monde». Sympa, pour moi qui aime les voyages.

Gay pride in the sky? Que nenni.
M’étant inscrit complètement à l’arrache ce weekend, je n’ai pas eu le temps de me rendre au fin fond de la Patagonie pour dénicher la perle rare, et ai dû me contenter de mes archives. La photo ci-dessus a été prise, par moi ou par un de mes proches amis (je ne sais plus du tout, très honnêtement), quelque part en Laponie suédoise, à 200 km et des poussières au nord du cercle polaire, le 11 décembre 2004. Ouille, ça date pas d’hier ! Bon, la photo, bien qu’elle dégage fidèlement l’impression de solitude qui nous submerge dans ce fichu trou paumé où on se les pèle de ouf beau pays enneigé, n’est pas méga parlante à elle seule, alors je vais vous raconter son histoire : comme vous pouvez le deviner en admirant ce magnifique crépuscule, il est à peu près... 11h45 du matin ! Eh oui, à cette époque, l’aurore et le crépuscule ne font qu’un, offrant trois petites heures de relative clarté par jour, une généreuse miséricorde, pendant lesquelles le ciel a cet aspect, du moins quand il ne neige pas l’Armageddon de sa race... Dès 13 heures, les ténèbres épaisses règnent à nouveau, sans partage, jusqu’au lendemain vers 10 heures. Et la température ? Ma foi, plutôt clémente pour un mois de décembre en Laponie : un petit -15°C tranquille, et sans un souffle de vent. Même à Berlin on a vu bien pire...

Dans cette contrée frigorifiée où nous avons organisé un mémorable séjour polaire, avec mes amis étudiants Érasmus, le soleil s’était couché pour la dernière fois quelques jours plus tôt et ne devait pas pointer le bout de son nez avant la mi-janvier, longtemps après notre départ. À presque deux heures de vol plein nord depuis Stockholm (qui déjà n’est pas tout à fait le centre du monde, il faut l’avouer), puis une heure ou deux en 4x4 sur des pistes enneigées depuis la ville minière de Kiruna, léthargique et passablement déprimante, et pour finir, 3-4 heures en traîneau à chiens sur le fleuve Torne gelé, sous les étoiles et la danse irréelle des aurores boréales, il n’y a pas à dire, nous avions littéralement atteint le bout du monde, un endroit que même le soleil snobe  en beauté un bon mois par an, c’est dire.

Tout comme le soleil, les Stockholmiens bon teint préfèrent éviter cette région glaciale, et beauxoup d’entre eux n’ont jamais mis les pieds en Laponie de toute leur vie. Pourtant, c’est une expérience à vivre, promis. Comment survivre en Laponie ? Oh, avec des choses simples : porter des vêtements très très chauds, de préférence achetés sur place, et superposer 7 couches minimum, ne pas passer trop de temps dehors, se chauffer au poêle mais sans forcer, aller au sauna (au poêle) au moins deux fois par jour, se doucher un jour sur deux en n’oubliant pas de mettre son gel douche à décongeler avant d’aller au bain, adopter une alimentation diversifiée (ragoût de renne, steak de renne, grillades de renne, bourguignon de renne, etc.), boire de la vodka dès la tombée de la nuit pour mieux apprécier le spectacle des aurores boréales, et aller dormir sous des couvertures en peau de renne soyeuse... Que du plaisir !

Si vous voulez vous rendre à l’«Ice Hotel» de Jukkasjärvi, dans les banlieues huppées de Kiruna, depuis les prés verdoyants de Chilleurs-aux-Bois, vous n’avez qu’à suivre le guide !

Envie d’un petit supplément d’évasion en cette mi-novembre ? Allez donc voir les photos de :

100driiine, 4 petits suisses dans un bol de riz, A&G, Agnès, Alexanne, Alice, Anne, Aude, Babou, blogoth67, Boopalicious, Calamity Scrap, Carnets d'Images, Caro, Cathy Brocard, Cécy, Celiano, Céline, Céline in Paris, Champagne, Cherrybee, Cindy Chou, Clara, Claude, Le-Chroniqueur, Cynthia, Doremi, Dorydee, Dr.CaSo, E, Emma, Fabienne, Filamots, Florian, florianL, François, Frankonorsk, Frédéric, Guillaume, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, hibiscus, Hugo, Ines meralda, Isabelle, Jean WILMOTTE, jen et dam, JoAnn, Karrijini, Krn, Kyn, La Fille de l'Air, La Madame, La Papote, La Parigina, Laurabreizh, Laure, L'azimutée, LE BOA BLEU , Le-Chroniqueur, Le Loutron Glouton, Le Mag à lire, le via carmina, Les voyages de Seth et Lise, lesegarten, Lhise, Lucile et Rod, M, M.C.O, magda627, Mandy, Manola, margote05, Margouia, Marie, Marion, Maureen, M'dameJo, Mérantaise, Nathalie, Niwatori, Nolwenn, Nomade57, Noon, Olivier, Onee-Chan, Ori, Où trouver à Montréal? , Rene paul henry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Sprout©h, Stephane08, Surfanna, Tam, Tambour Major, Terhi, The Mouse, Thib, Titem, Un jour-Montreal, Urbaine, Urbamedia, Vanilla, Viviane, Xavier Mohr, au bout du monde.

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lundi 19 septembre 2011

Pas de wifi au Paradis

«Pouvez-vous nous emmener au Paradis ?»

C’est la question a priori peu banale que j’ai posée au chauffeur en montant dans le bus, de bon matin, alors que le soleil, dans un ciel bleu pur, nous écrasait déjà de ses rayons encore obliques. La question ne m’a paru saugrenue qu’après m’être entendu la prononcer. Le chauffeur, plutôt que de répondre «M’enfin jeune homme, ne voyez-vous pas que nous y sommes déjà, au Paradis ?», s’est contenté de grommeler un «» à peine audible en haussant les épaules. C’était la confirmation dont j’avais besoin pour être certain que le bus allait bien me conduire jusqu’à la playa del Paraíso, «El Paraíso» étant en fait une paillote plantée à une douzaine de mètres d’une eau turquoise d’une clarté à couper le souffle, tout près du site maya de Tulum et non loin de la bourgade du même nom. Dit comme ça, je vous concède que ça ne fait pas très glam’ comme paradis, mais sincèrement, rares sont les bouis-bouis qui portent si bien leur nom que celui-ci.

Un bout du «Temple du Dieu Descendant» et de mer Caraïbe sur le site archéologique de Tulum
En réalité, le site est immense, mais seuls quelques temples et palais sont aussi bien situés au-dessus de la mer.

En plus de sa localisation remarquable et de son panorama imprenable sur la Mer des Caraïbes, le site de Tulum présente la particularité d’être l’une des cités mayas les plus récentes, ayant surgi longtemps après la chute des États puissants de Palenque, de Chichén Itzá ou de Tikal, et n’ayant été abandonnée de ses habitants que plusieurs décennies après la conquête espagnole. Pour admirer ces fameuses ruines, je n’ai pas hésité à me lancer dans une odyssée de 13 heures en bus de nuit, depuis le fin fond de la jungle du Chiapas. Mais les ruines, toutes spectaculaires qu’elles sont, sur leurs falaises surplombant l’azur, on les visite en deux heures à peine, même quand on prend le temps de jouer avec les iguanes. Ce sont les ruines qui m’ont fait venir à Tulum, mais c’est la plage du Paraíso qui m’a persuadé d’y rester jusqu’au lendemain. Il en est souvent allé ainsi pendant ces vacances : je me rendais quelque part dans un but très précis, et prolongeais mon séjour pour des raisons imprévues.

Y’a pas foule au Paradis, c’est le moins que l’on puisse dire !

Mais voilà : le Paradis mexicain, c’est fini. J’ai retrouvé mon purgatoire berlinois, gris et pluvieux. Et mes Chroniques ! Alors encore un peu de patience, chères Lectrices (et chers lecteurs) : les prochains billets seront bientôt prêts. Peut-être réussirai-je même à raconter ce périple merveilleux, plein de surprises et de contrastes, mais pas non plus de tout repos, dans un pays où je ne me ferais pas prier pour revenir et passer plus de temps, tant il y a des choses à faire et à voir. Alors je vous dis à bientôt !

mardi 6 septembre 2011

Away From It All

Septembre est arrivé, l’été est fini sans s’être donné la peine de vraiment commencer, les collègues reviennent au boulot et comparent leur bronzage, les blogs que je lis reprennent lentement vie après deux mois de léthargie. Et moi, qui ai bossé tout l’été sans compter mes heures au bureau ni mes billets de blog (euh, en réalité, je les ai pas mal comptées, mes heures au bureau certains jours, oups j’avoue tout), je m’accorde une pause que j’estime bien méritée, puisque contrairement à mes amis qui ont déjà assuré leur descendance et la pérennité de l’espèce, je peux me permettre le luxe de partir hors saison. On ne dirait pas comme ça, mais la semaine dernière, je suis parti fort loin. 

Au départ d'Amsterdam, il reste encore 9400 km et
11 heures de vol avant d'arriver à bon port.
J’ai trouvé la force de finir mon article sur les affiches des partis d’extrême-droite, alors qu’il y avait 10.000 km de distance entre leur bave de crapauds haineux et moi, blanche colombe à réaction. Mais maintenant, je ne suis plus dans l’ambiance pour m’atteler aux nombreux autres billets en souffrance, et du coup je n’arrive plus du tout à parler de Berlin. C’est bien cela les vraies vacances : changer de décor pour de bon, à tel point que les mots que je tente d’employer pour parler d’Allemagne me semblent creux et approximatifs. Les impressions sont trop lointaines, les réalités du quotidien que j’ai quitté il y a seulement cinq jours, bien trop floues déjà. Par conséquent, il vaut mieux laisser tout cela en jachère et me concentrer sur mon voyage, plutôt que de m’efforcer à écrire des choses médiocres sur Berlin alors que je n’ai tout simplement pas la tête à cela.

Si j’arrive à raconter mon voyage, ce sera tant mieux. Mais je ne suis pas sûr d’avoir le temps, ni une bonne connexion dans les jours qui viennent. Au pire des cas, je serai de retour sur le Net dans une douzaine de jours pour de nouvelles chroniques !

Bonne rentrée à toutes, chères Lectrices, et à vous aussi, chers Lecteurs. Certains lecteurs se sont plaints de ma curieuse manie de toujours m’adresser aux Lectrices. Cette habitude est partie de , si vous n’aviez pas suivi. Désolé :-)

(Ouh un smiley, c’est maaaaaaal ! Mais je m’en fous, je suis en vacances).

Ah, et pour finir, bon premier anniversaire aux Chroniques Berliniquaises tout de même, au fait...

À très bientôt !


Quelques 11 heures plus tard, un sympathique petit village apparaît sous nos yeux, lorsque l'on a franchi la couche de nuages
Au moins la météo ne me dépayse pas trop de Berlin, dans cette insignifiante petite bourgade...


J'avoue, en fait je suis venu me ressourcer à Paris !
Sympas les platanes qu'ils ont replantés au boulevard St-Michel ! Ça donne un air tropical malgré le temps couvert...
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