«Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?» se désolait, avec une éloquence qui se fait rare à notre époque du langage SMS, un Don Diègue fort marri de ne pas avoir su infliger une bonne correction à son ancien ami Don Gomès qui l’avait gourmé et insulté. Euh, pardon, je reprends : Don Dièg’ était trooooo dég’ de la life paskil a pas pu marave sa gueule à se conar de Gonesse qui l’avait grave embrouiller. Cé mieux comme sa ?
Dans mon cas, l’outrage des ans ne se traduit pas encore par mon incapacité à tenir en respect les fâcheux et à rabattre leur caquet aux impudents, au contraire, mais plutôt par la perte indéniable de vivacité de mon cerveau, sa lenteur de plus en plus manifeste, qui l’empêche de mobiliser à temps le vocabulaire, les règles de grammaire et la prononciation à peu près convenable de la langue teutonne, et d’en faire bon usage avant que les mots ne sortent de ma bouched. Dès lors que je prononce plus de deux phrases en allemand, je me sens dans la peau d’un Jean-Claue Van Damme livré à lui-même devant les caméras, qui parle bien plus vite qu’il ne pense (et, tout comme JCVD, mon problème n’est pas que je parle trop vite, entendons-nous bien).

