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jeudi 15 décembre 2011

Décembre : «Bancs publics»

Comme je vous le disais lors de ma toute première participation le mois dernier, le 15ème jour de chaque mois, à midi pile heure de Kinshasa, une communauté de blogueurs francophones publie une photo sur un thème donné. En ce bon mois de décembre, un thème on ne peut plus de circonstance (ou pas, mais cest le thème après tout) a été choisi par un membre du groupe : «Bancs publics».


Le "banc aux baisers" de Randers !
J’ai pris cette photo un soir d’été à Randers, une localité neurasthénique du nord du Danemark, un peu dans le même esprit que Västerås en Suède, que j’ai explorée pour vous l’an dernier (les deux villes sont même jumelées, c’est dire !). Si vous voulez briller en société et épater la galerie grâce à votre savoir encyclopédique, il y a trois-quatre choses que vous devriez ab-so-lu-ment savoir sur Randers. Vous me remercierez lorsque Anne-Mette, la collègue danoise du service Marketing qui vous fait fantasmer avec ses tresses blondes, ses pommettes saillantes (j’ai dit les pommettes hein) et son accent à la Eva Joly, éblouie par la puissance de votre intellect, vous invitera à passer prendre l’apéro à la maison... Oui, il est possible de conclure grâce à Randers, qu’on se le dise. Alors c’est parti, et prenez des notes :

1. Le nom danois de la ville se prononce en fait «Rannerss», le «d» étant en réalité purement décoratif. Ha, vous êtes bien bluffés ;

2. Il y fait encore grand jour à 22h30 en été, Scandinavie oblige (cf. photo), mais il n’y a pas âme qui vive dans les rues à une heure si avancée ;

3. Le site Wikipédia français consacre à Randers, sixième plus grande ville de tout le royaume du Danemark avec ses 56.000 habitants, un article très approfondi et extrêmement détaillé d’UNE ligne, soit deux phrases, ou encore vingt-huit mots en tout. Et illustré d’une seule photo avec pour toute légende «Rue de Randers». Priceless ;

4. Les bancs publics de Randers ont une fonction particulière : le kyssebænk est littéralement le «banc des baisers». D’ailleurs, il y en a d’autres dans la ville. Ainsi, imaginez que, hors d’haleine après avoir parcouru sur toute sa longueur la rue principale de Randers (qui mesure 158 mètres de bout en bout, croyez-moi sur parole) pendant une folle demi-heure journée de shopping dans les onze boutiques de la ville, vous voulez faire une pause et reprendre votre souffle un instant, alors vous feriez mieux de choisir votre banc avec la plus grande prudence. Si vous élisez de vous asseoir sur un kyssebænk, vous signalez implicitement à la populace que n’importe quel(le) passant(e) blond(e) à fort(e) poitrin(e) peut vous empoigner la tête et vous rouler une galoche sur-le-champ si tel est son bon plaisir. Il/elle n’est pas obligé(e) de vous kysser, mais si elle le fait, alors vous devez vous soumettre docilement à sa volonté. Il n’y a pas de «si», pas de «mais». C’est ça le principe du kyssebænk. Une bien jolie tradition 100% scandinave à mon humble avis, même si pour les touristes, c’est un peu surprenant la première fois. Ou peut-être est-ce moi qui ai seulement rêvé de cette scène ? Je ne suis plus sûr, sûr...

En conclusion de tout ceci, pour que vous soyez convaincus par les bons côtés de cette petite tradition spécifique à Randers vous aussi, et histoire de relever le niveau car vous lisez mine de rien blog vachement sérieux et intello, je vous mets une photo de Helle Thorning-Schmidt, l’actuel premier ministre social-démocrate du Danemark, élue en septembre 2011 et qui a soufflé ses 45 bougies hier («Tillykke med fødselsdagen! Hurra, hurra, hurra!»). Le premier qui dit «milf» n’est qu’un satyre priapique, un vulgaire Berlusconi lubrique à l’œil torve. Toutefois, reconnaissons, à la décharge du Cavaliere, qu’Helle a les yeux revolver, Helle a le regard qui tue, Helle a tiré la première...

L'Orealpolitik : Helle Thorning-Schmidt
Fin de la conclusion intello.

Envie d’un petit tour du monde des bancs publics ? Allez donc vous prélasser sur les photos de :

Le-Chroniqueur, Viviane, La Flaneuse, Frankonorsk, Manola, Hugo, Mérantaise, Surfanna, Aparça , L'azimutée, Céline in Paris, La Madame, Frédéric, Cherrybee, Vanilla, Carnets d'Images, Stephane08, La Godiche, Un jour-Montreal, Thib, Dorydee, Kyn, Shandara, Urbamedia, Karrijini, M, A&G, Mamysoren, Laurabreizh, Aurélie, Dr.CaSo, Onee-Chan, Boopalicious, Une niçoise, Clem et Chat, Titem, Le Mag à lire, Laure, Lhise, Belbe, Tam, Florian, Jen et dam, hibiscus, floflo, Alice, Guillaume, Isabelle, Cekoline, Ines meralda, Marion, Le Loutron Glouton, Anne, Noon, Anne Laure T, Doréus en Alberta, The Mouse, Stéphie & les Cacahuètes, Françoise Notfar, Bestofava, Ava, Gilsoub, Muni57, Fabienne, Sébastien, Nora, Alex, La Parigina, Ori, Filamots, Les voyages de Seth et Lise, Caro, Agnès, Niwatori, Céline, Alexanne, M'dameJo, Celiano, lesegarten, Xavier Mohr, magda627, Cathy Brocard, Jean WILMOTTE, Clara, Caroline, blogoth67, Cindy Chou, Lauriane, Lucile et Rod, Galinette, Olivier, Glose, Marie, 4 petits suisses dans un bol de riz, Emma, M.C.O, Claude, Nathalie, Meyilo, La Papote, Sephiraph, Rene paul henry, Cynthia, Sprout©h, LE BOA BLEU , Carole In England, Terhi, Sinuaisons, Nomade57, Doremi, Gizeh, Edegan, E, Calamity Scrap, François, Tambour Major, El, Aude, le via carmina, Maureen, La Fille de l'Air, Babou, Où trouver à Montréal? , Champagne, Mandy, Krn, florianL, 100driiine, et prenez garde aux baisers volés !

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dimanche 4 décembre 2011

Récidive aggravée

Il y a quelques mois, alors que le cataclysme médiatique désigné par le pudique euphémisme d’«affaire DSK» venait tout juste de commencer, à l’époque où nous autres humbles mortels ordinaires apprîmes, abasourdis et écœurés, que le demi-dieu dont nous voulions faire notre prochain président avait un irrépressible penchant pour le troussage de soubrettes (ces petites garces insatiables) et d’autres faiblesses plus ou moins inavouables, j’avais trouvé un parallèle frappant avec ladite affaire et une campagne de pub pour les gels douche Axe, qui n’avait pas vraiment fait mouche auprès du public berlinois à qui elle s’adressait, malgré son approche innovante et décoiffante de la communication publicitaire : en effet, personne jusqu’ici ou presque n’avait songé à placarder des images photoshoppées de jeunes femmes presque nues par monts et par v[e]aux dans toute la ville pour vendre un quelconque produit. Un tel avant-gardisme avait été reçu plutôt négativement par la populace petite-bourgeoise et éminemment conservatrice.

Eh bien, à peine six mois plus tard, alors que l’Allemagne célèbre l’Avent et se prépare avec ferveur à l’arrivée de Noël, voici que les délinquants récidivent. Hier soir, sur la Petersburger Straße à Friedrichshain, j’ai vu ceci :

Axe Excite a le plaisir de vous annoncer la sortie mondiale de son "calendrier de l'Avent" porno chic (ou pas)

Axe repasse à l’offensive, avec en organisant dans les rues de la capitale un lâcher de blondasses lubriques qui se massent lascivement le périnée à l’aide de paquets cadeaux au contenu mystérieux, qui ne peut être qu’un sex-toy, aucun doute n’est possible là-dessus. Ledit sex-tox est montré dans son emballage cadeau, histoire que nous ne perdions pas de vue que c’est une campagne de pub de Noël, cette grande fête de l’érotisme et de la vulgarité pendant laquelle il est habituel d’offrir à ses amis des flacons de déodorant ou de gel douche.

Pour l’instant, le public berlinois ne semble pas encore avoir manifesté sa désapprobation avec la même force qu’au printemps dernier. S’il devait le faire, je vous «garderai posté» sans faillir, comme disent les Anglo-américains.

Je trouve ça fou que certains publicitaires se contentent de nous bombarder, campagne après campagne, de mêmes images de femmes lascives en petite tenue pour faire passer un «message» auquel personne ne croit. Pourtant, il est possible de vendre des déodorants Axe sans se complaire en permanence la médiocrité sexiste et dénuée de toute créativité. Il y a deux ans, à l’aéroport de Copenhague, j’ai photographié une affiche publicitaire pour un déodorant Axe, parce que j’avais trouvé l’affiche drôle et le message plutôt subtilement suggéré, même si la photo n’est pas d’une qualité esthétique à couper le souffle :



Malgré les reflets, on aperçoit un grand dadais blond (appelons-le Lars), le visage peint aux couleurs danoises. Hébété, les yeux écarquillés et inexpressifs, Lars semble encore secoué par l’aventure qui vient de lui arriver : de toute évidence, une Suédoise enragée l’a fougueusement embrassé et a irrémédiablement gâché son beau maquillage de supporter. Nous ne pouvons que compatir avec cette nouvelle victime du fameux «Axe Effect». Les publicitaires danois ont choisi l’humour plutôt que la vulgarité, la subtilité plutôt que la surenchère de peau dénudée. 

Un jour, peut-être, les pubs allemandes se rapprocheront de ce niveau. En attendant, il va falloir que j’apprenne à éviter du regard les panneaux publicitaires, cela vaudrait mieux.
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