« Du kommst aus Frankreich? Et tu viens d’où en France, si ce n’est pas indiscret ?— Mais justement, c’est une question vachement indiscrète... Enfin bon, dans le fond ça ne me dérange outre mesure pas d’y répondre. Alors voilà : je viens de la Martinique.— La Martinique ? Kézako ?
— La Martinique. C’est une île française dans la Caraïbe. Tu vois un peu ?
— Aaaach sooooooo, bien sûr ! La Caraïbe ! C’est l’une de ces anciennes colonies françaises tu veux dire ? Ein Überseedépartement ?
— Genau, mon bon Helmut. Dans le mille.
— Cool! Trop bien. Ça doit être trop beau chez toi. Et la plage, alors, ça te manque pas trop ? »
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vendredi 16 août 2013
Beauté de Berlin: la Badekultur dans la Hauptstadt
mercredi 15 août 2012
Août : «O mein Gott!»
15 août, midi pile, le soleil à son zénith darde ses rayons brûlants sur les fervents pèlerins de la Grotte de Massabielle. Et c’est l’heure de notre rendez-vous mensuel de La Photo du Mois! Le thème de ce mois d’«oû» (comme disent mes amis Ch’tis), proposé par Cynthia, ou plutôt, imposé à Cynthia par le reste de la communauté à l’issue d’une sanglante mutinerie virtuelle, un débat enragé comme on en a plus vu depuis l’affaire Dreyfus, est «Oh my God!».
Je m’efforce de sortir de ma pause estivale pas vraiment officielle et encore moins annoncée sur ces pages pour vous proposer une photo prise par une chaude après-midi de juillet au Badeschiff, la célèbre piscine turquoise qui surnage langoureusement sur les placides flots noirs de la Spree à proximité du grand parc de Treptow.
Le Badeschiff, souvenez-vous, je vous en parlais avec un enthousiasme débordant il y a quelques semaines seulement, après y avoir passé une folle et courte nuit d’été, sous les étoiles, seul sur le sable, les yeux dans l’eau, mon rêve était trop beau...
mardi 19 juin 2012
Beauté de Berlin : Full Sun Party au Badeschiff
«Allô?
– Salut Pierre, ça va toi?
– Ouais bien, et toi?
– Tranquille. Tu fais un truc ce soir après les matches de foot?
– Bah je pensais aller au Badeschiff, il y a un open-air qu’a l’air trop bien. C’est Aude qui m’en a parlé.
– Cool, ça a l’air sympa. J’aime bien le Badeschiff. Remarque, je n’y suis jamais allé en soirée. Ça doit être vraiment cool.
– Ça te dit? J’irai avec Aude et Thibault et Machin et des potes, tout ça.
– Ouais pourquoi pas. On verra bien.»
– Salut Pierre, ça va toi?
– Ouais bien, et toi?
– Tranquille. Tu fais un truc ce soir après les matches de foot?
– Bah je pensais aller au Badeschiff, il y a un open-air qu’a l’air trop bien. C’est Aude qui m’en a parlé.
– Cool, ça a l’air sympa. J’aime bien le Badeschiff. Remarque, je n’y suis jamais allé en soirée. Ça doit être vraiment cool.
– Ça te dit? J’irai avec Aude et Thibault et Machin et des potes, tout ça.
– Ouais pourquoi pas. On verra bien.»
Samedi 9 juin au Badeschiff. À 3 heures 19 du matin, la nuit de bringue ne fait que commencer. Mais déjà, une lueur de plus en plus nette et brillante grandit à l’horizon et dilue lentement le noir du ciel. Il n’y a plus de doute possible: l’aurore est bien là!
| 3h19 au Badeschiff. |
vendredi 15 juin 2012
Juin : «Transparence»
15 juin, midi pile à Tarascon-sur-Ariège, revoici le moment de notre rendez-vous planétaire de la Photo du Mois. Le thème de juin, choisi par Carnets d’images, est «Transparence». Mais attention, pas n’importe comment hein, sinon ce serait trop simple: «Le but est de prendre une photo à travers un objet qui laisse passer la lumière, et de jouer avec la réfraction et la réflexion de la lumière», insiste le facétieux blogueur à qui on ne la fait pas.
lundi 4 juin 2012
Un mois à Berlin : Mai 2012
«En mai, fais ce qu’il te plaît», qu’y disaient. Si j’avais pu suivre ce conseil de bon sens, j’aurais passé bien plus de temps à Berlin en ce mois de mai ensoleillé. Ainsi, j’aurais pu mieux protéger mes fleurs des premières grandes chaleurs de l’année, et j’aurais eu plus de temps pour profiter de l’imbattable ambiance printanière dans la Hauptstadt. Hélas, comme on dit ici avec une pointe de lucidité résignée, das Leben ist kein Wunschkonzert!
1er mai – Un pont de quatre jours touche à sa fin. Quatre jours de soleil et de chaleur comme la métropole prussienne n’en a plus vu Spree depuis presqu’un an! Quatre jours de réjouissances en plein air, nuit et jour, un peu partout dans la ville. Quatre jour de bonheur, d’allégresse, d’insouciance. Quatre jours sans travailler, ou si peu. Quatre jours sans services de voirie aussi... Les pelouses du Volkspark Friedrichshain, vertes et grasses en cette saison, disparaissent sous des monticules de déchets à moitié carbonisés qui évoquent bien plus les banlieues de Lima que le centre d’une capitale d’Europe du Nord. Remarquez, cela ne dissuade pas les locaux de pique-niquer au milieu de ce bazar malodorant et insalubre. Tant que les rats ne viennent pas danser pas sur leur nappe à carreau, tout est in Ordnung, je suppose.
1er mai – On a beau avoir endigué la violence endémique des rivages de la Spree à coup de MyFest, on a beau avoir pris l’habitude de célébrer les droits des travailleurs, acquis de haute lutte, par un grand carnaval de musique électro plutôt bon enfant quoique sans grand rapport avec le schmilblick, les agences bancaires de certains quartiers berlinois, échaudées par les événements passés, ont conservé l’habitude de se barricader derrière des retranchements fortifiés pendant tout le weekend du 1er mai, comme ici sur la Frankfurter Allee, à Friedrichshain, un secteur autrefois très «chaud» à cette période de l’année. C’est qu’on n’est jamais trop prudent. Résultat, dans un pays où le paiement en liquide est la règle, le Friedrichshainien prudent se voit obligé de thésauriser des espèces dans les jours qui précèdent le 1er mai pour éviter de se retrouver à sec. Sinon, il ne lui reste plus qu’à se rendre au distributeur de billets le plus proche, dans la région de Hambourg je crois... Ou alors il reste le troc.
1er mai – Un pont de quatre jours touche à sa fin. Quatre jours de soleil et de chaleur comme la métropole prussienne n’en a plus vu Spree depuis presqu’un an! Quatre jours de réjouissances en plein air, nuit et jour, un peu partout dans la ville. Quatre jour de bonheur, d’allégresse, d’insouciance. Quatre jours sans travailler, ou si peu. Quatre jours sans services de voirie aussi... Les pelouses du Volkspark Friedrichshain, vertes et grasses en cette saison, disparaissent sous des monticules de déchets à moitié carbonisés qui évoquent bien plus les banlieues de Lima que le centre d’une capitale d’Europe du Nord. Remarquez, cela ne dissuade pas les locaux de pique-niquer au milieu de ce bazar malodorant et insalubre. Tant que les rats ne viennent pas danser pas sur leur nappe à carreau, tout est in Ordnung, je suppose.
| Et bien sûr, ça sent comme vous l'imaginez... |
mardi 14 février 2012
Beauté de Brrrrlin : Plaisir inéglaglable
Vous avez un peu froid ? Sans doute un peu moins maintenant, certes, mais quand même, juste pour me faire plaisir on va faire semblant de croire que c’est encore la Sibérie dehors, histoire d’être gentils avec moi chers Lecteurs et Lectrices, allez quoi... en plus c’est la St-Valentin aujourd’hui, raison de plus d’être sympas... Bref, voici sans plus attendre une vingtaine de bonnes raisons de surkiffer l’hiver à Berlin. Si après ça vous n’êtes pas convertis aux vertus de l’âge de glace, je ne peux rien pour vous...
0°C –– Parce que ces nuits qui n’en finissent plus, ces journées ridiculement courtes où il fait un temps à ne pas mettre un Martiniquais dehors, c’est l’excuse parfaite pour faire ma loque tout le weekend durant. Pourquoi diable franchirais-je le seuil de mon appartement douillet ? Pour avoir le loisir d’admirer la riche palette de gris dans le ciel ? Pour écouter le concert de toux et d’éternuements et attraper la Schweinegrippe à mon tour ? Pour déraper sur les trottoirs ? Pour bousiller mes semelles sur ces ridicules gravillons anti-glisse ? L’hiver, c’est le moment où je me fais volontiers casanier et profite à fond de mon petit chez-moi.
| Lever de soleil sur la Spree entre Friedrichshain et Kreuzberg |
mercredi 17 août 2011
Beauté de Berlin: Spreepark im Plänterwald
Au cœur de Berlin-Est, sur les rivages de la Spree du quartier d’Alt-Treptow, une friche urbaine abandonnée, où la nature reprend progressivement ses droits, surprend le visiteur par ses airs de ville fantôme qui se serait vidée soudainement de ses habitants, un environnement de solitude et de décrépitude post-humaine qui rappelle le New York déserté et rendu à la vie sauvage dans lequel vivote un Will Smith solitaire et traqué dans I am Legend. Heureusement, au milieu de cette prolifération végétale chaotique et de cette anarchie de structures corrodées, il n’y a ni fauves, ni bêtes humaines à craindre. Du moins, pour l’instant. Mais qui sait vraiment quelles créatures sauvages y rôdent? J’ai aperçu un renard détalant devant moi, sur la Karl-Marx-Allee la semaine dernière, alors dans les recoins profonds du Treptower Park, mieux vaut ne pas trop fantasmer sur la faune sauvage qui se tapit sous les plaques de métal rouillé...
Le Spreepark a une histoire longue et mouvementée, comme chaque mètre carré de territoire berlinois évidemment. Fondé à l’époque de la RDA, à la fin des années 1960, sous le nom nettement plus socialiste de «Kulturpark Plänterwald», le site a été privatisé à la réunification sous le nom de Spreepark, par lequel on le désigne encore aujourd’hui. Après une faillite retentissante en 2001, de spectaculaires saisies de cocaïne dissimulée dans la structure d’un manège, une fuite rocambolesque vers le Pérou, l’emprisonnement de l’ancien propriétaire et l’échec de tous les plans de reprise présentés pendant la décennie, le parc est toujours à l’abandon. La grande roue ne tourne plus depuis 2001, mais elle est toujours là, à rouiller à l’air libre. On l’aperçoit de loin au-dessus de la cime des arbres, à Friedrichshain ou à Treptow.
Pourtant, bien que l’herbe folle ait envahi tous les manèges dont la peinture continue de s’écailler dans l’indifférence générale, le parc d’attraction est encore ouvert au public. Par exemple, il se visite plusieurs fois par semaine, pour un tour de deux heures en compagnie d’un guide expérimenté, contre paiement de 15€ par personne, soit quasiment le prix d’un billet d’entrée lors de la dernière année d’activité (29 DM). Gloups, c’est pas donné. Vous pouvez aussi y pénétrer en resquillant, à la faveur des nombreuses brèches dans la clôture, à vos risques et périls bien sûr! Ou alors, vous pouvez profiter des quelques événements à vocation festive ou culturelle organisés par le collectif du Spreepark pendant la belle saison, une occasion qui permet en général de faire la fête en plein air dans un cadre insolite et relativement inaccessible, malgré son étendue et sa localisation, proche du centre de la capitale. À essayer absolument!

J’ai adoré l’endroit mais il ne m’inspire rien de particulièrement original ou drôle à raconter. J’ai vraiment essayé, pourtant. Alors on se contentera d’images cette fois, histoire de faire une pause au milieu de toute l’actualité brûlante de ce mois d’août. Merci à Janne et à Brigitte pour les photos de cette belle soirée!

Pourtant, bien que l’herbe folle ait envahi tous les manèges dont la peinture continue de s’écailler dans l’indifférence générale, le parc d’attraction est encore ouvert au public. Par exemple, il se visite plusieurs fois par semaine, pour un tour de deux heures en compagnie d’un guide expérimenté, contre paiement de 15€ par personne, soit quasiment le prix d’un billet d’entrée lors de la dernière année d’activité (29 DM). Gloups, c’est pas donné. Vous pouvez aussi y pénétrer en resquillant, à la faveur des nombreuses brèches dans la clôture, à vos risques et périls bien sûr! Ou alors, vous pouvez profiter des quelques événements à vocation festive ou culturelle organisés par le collectif du Spreepark pendant la belle saison, une occasion qui permet en général de faire la fête en plein air dans un cadre insolite et relativement inaccessible, malgré son étendue et sa localisation, proche du centre de la capitale. À essayer absolument!
J’ai adoré l’endroit mais il ne m’inspire rien de particulièrement original ou drôle à raconter. J’ai vraiment essayé, pourtant. Alors on se contentera d’images cette fois, histoire de faire une pause au milieu de toute l’actualité brûlante de ce mois d’août. Merci à Janne et à Brigitte pour les photos de cette belle soirée!
dimanche 5 juin 2011
Beauté de Berlin : la Spree couleur de feu
La sécheresse assoiffe cruellement notre belle France, et l'Allemagne sa voisine, alanguie de chaleur, vient de connaître son printemps le plus sec et le plus ensoleillé depuis le début des relevés à la fin du XIXème siècle. Le citadin berlinois, pour peu qu'il prenne bien soin de ses plantes sur le balcon (deux jours d'inattention et c'est le carnage !) et dès lors qu'il s'acquitte d'une pensée compatissante pour les pauvres agriculteurs qui souffrent, il n'a pas à se plaindre de ce beau début d'été, sec et muy caliente.
Si l'on me demande quelle période de l'année je préfère à Berlin, je réponds sans hésiter : le mois de juin bien sûr ! Au bureau, rares sont ceux qui ont vraiment la tête au travail. Les heures de la journée s'égrènent dans une torpeur ensoleillée qui n'a rien à envier à la douceur de vivre méditerranéenne ; et après s'être gorgé l'épiderme d'ultra-violets, l'on se réfugie volontiers à l'ombre des tilleuls qui nous aspergent délicatement de leur mystérieuse sève gluante, presque comme les brumisateurs des terrasses parisiennes, mais en version 100% naturelle cette fois. Et en parlant des heures de la journée, comme elles sont nombreuses ! Les noctambules qui dansent “jusqu'à l'aube” voient arriver cette dernière dès 3h30 du matin, ce qui tout de même rend la performance un tantinet moins impressionnante. Le soir, c'est le moment d'admirer les plus beaux couchers de soleil de l'année sur la Spree, puisqu'il finit sa course, à cette période, dans l'axe du fleuve, du moins si on l'observe depuis les quartiers en amont du centre (comme Kreuzberg, Friedrichshain ou Treptow). Les rougeoiements de la Spree sont le prélude à l'interminable crépuscule estival, qui s'étire et se prolonge à n'en plus finir, bleu et clair, tantôt tiède et indolent, tantôt bien plus frais et indéniablement “nordique”. Malheur à l'imprudent qui s'est laissé duper par la chaleur diurne et s'est risqué à sortir sans sa veste pour la soirée!
J'ai tant de choses à raconter sur ce blog que je suis sûr que beaucoup de projets d'articles resteront en l'état, mais pour mon 100ème billet aux Chroniques (oui, le 100ème !), faisons une pause pleine de beauté et de sérénité. Mes lectrices les plus attentives auront fini par comprendre que j'adore passer mes soirées à admirer le coucher du soleil, et il n'y a pas à dire, à Berlin je suis gâté. Et lorsque la Spree resplendit et reflète la chaude lumière du couchant, je suis loin d'être le seul qui interrompe sa course à vélo pour s'imprégner du spectacle et en prendre quelques photos souvenirs. Je suis en retard, comme toujours, mais mes amis attendront bien cinq minutes de plus...
| Samedi 28 mai à 20h22 - Croisière crépusculaire et tentative de zoom sur le Molecule Man. Bon c'est plutôt loupé. |
| Le mercredi 1er juin à 21h12 - Un peu en aval, sur l'Oberbaumbrücke, entre Kreuzberg (ouest) et Friedrichshain (est) |
| Au même moment, avec un zoom un peu plus puissant |
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