Affichage des articles dont le libellé est Démocratie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Démocratie. Afficher tous les articles

lundi 30 avril 2012

Droites de régression

«Jamais la droite n’a été aussi élevée», saluait Guillaume Peltier, conseiller national de l’UMP. 

«Les Français qui ont voté FN vont voter Sarkozy dans leur grande majorité, croit savoir Christine Boutin, ralliée à M.Sarkozy. La France est plus à droite qu’on ne le croyait».

Un conseiller du président diagnostique : «La stratégie de [Patrick] Buisson était la bonne: la France est très à droite, et la gauche basse».  
J’ai tiré ces trois citations d’un seul article du Monde, publié lundi dernier, au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Il s’intitulait «Nicolas Sarkozy joue son va-tout en pariant sur l’électorat FN». Tout est dit dans le titre ainsi que dans ces trois déclarations tonitruantes, qui sonnent à l’oreille comme autant de rugissements victorieux, à moins qu’il ne s’agisse de prières désespérées à Sainte Rita dans la plus pure tradition de la méthode Coué... Quoi qu’il en soit, j’ai du mal à croire cette affirmation selon laquelle la France est «très à droite».

lundi 23 avril 2012

Comme un bulletin dans l’urne

Après mon expédition héroïque vers l’ambassade de France à Berlin et mon inscription à l’arraché sur les listes électorales consulaires, à la toute dernière seconde avant que la clepsydre ne laisse choir son ultime goutte de précieux liquide bleu et que Félindra la dompteresse, à ce signal fatidique, ne fasse sortir, en deux claquements de fouet lancés avec autorité, les tigres féroces qui interdisent l’entrée du service consulaire en-dehors des heures d’ouverture au public, c’eût été un comble que le jour du scrutin je ne me présentasse pas en personne pour accomplir mon devoir civique, et que je n’exerçasse pas le privilège de citoyen pour la jouissance duquel je me suis battu contre vents et marées en décembre dernier.

Une seconde s’il vous plaît, le temps de reprendre mon souffle et de boire une lampée de Spreequell légèrement gazéifiée. Euh pardon, je voulais dire, une gorgée de Saint-Yorre, évidemment. Achetons made in France. Ah, ça désaltère !

jeudi 5 janvier 2012

Bref, je suis allé à l’ambassade

Votre mission, si vous l’acceptez, sera de vous présenter, muni des justificatifs stipulés en première page de notre note informative consultable en ligne, à l’ambassade de France en Allemagne, sise au numéro 5 de la fort adéquatement nommée Pariser Platz, jouxtant la Porte de Brandebourg à Berlin, avant la date butoir du vendredi 30 décembre 2011 à midi, afin de vous inscrire sur les listes électorales consulaires, et dans la foulée, au registre des Français établis hors de France, et être en mesure d’exercer votre droit de vote lors des scrutins nationaux de 2012.


Et comment que je veux m’inscrire ! Je signe des deux mains. La dernière fois que j’ai grossi le lot de ces fumistes d’abstentionnistes, et je m’en souviens très bien, c’était un certain 21 avril 2002 : vous avez vu le résultat. Oui, j’avoue, tout est de ma faute. Maintenant vous savez enfin ce qui s’est passé ce jour-là, vous connaissez le responsable de cette affreuse débâcle. J’avais beau avoir un alibi en béton armé (de très belles truites grouillant vigoureusement dans les eaux claires et vives du haut Allier et ne demandant qu’à mordre à l’hameçon) et aucune possibilité de voter par procuration à Paris en cette funeste journée de printemps, le remords me tourmente depuis cet inexcusable manquement à mes devoirs de citoyen même si la pêche fut bonne et la truite, délicieuse, a quelque peu apaisé ma conscience. J’aurais vraiment dû y réfléchir à deux fois avant d’accepter cette mystérieuse invitation à taquiner le poisson avec un groupe de sympathiques chrétiens fondamentalistes et de fanatiques des apéros saucisson-pinard ; si j’étais parano je dirais que c’était un coup monté des réseaux lepénistes. Alors cette fois-ci, il fallait mettre toutes les chances de mon côté, à commencer par ne pas compter sur une hypothétique ouverture de l’ambassade le samedi 31, car on n’est jamais trop prudent...

lundi 31 octobre 2011

Le vol noir des corbeaux sur nos plaines - 2ème partie : un tour d’horizon

“POUR le premier ministre Charest, l’initiative concernant les étudiants étrangers est «un geste audacieux pour garder cette jeunesse et son potentiel chez nous»
Actuellement, un étudiant sur dix demeure au Québec une fois ses études complétées. «Nous nous fixons comme objectif de tripler le nombre d’étudiants étrangers qui font le choix de demeurer au Québec» a dit M. Charest. 
«Le Québec accueille chaque année quelque 22 000 étudiants étrangers. Ils sont jeunes. Ils sont brillants. Ils sont talentueux. Le monde entier se les arrache» a souligné le premier ministre. «Je veux que pour eux, le Québec ne soit pas qu’un heureux souvenir, mais qu’il soit un projet d’avenir», a renchéri M. Charest.
Québec, le 10 mars 2009. Le message est on ne peut plus clair : le Québec annonce sa volonté de se mettre en quatre pour retenir une partie des étudiants étrangers qui y ont suivi une partie de leur cursus, plutôt que de les voir faire leurs valises et quitter le pays une fois leur diplôme en poche. Pourtant, avec 8% de sans emploi en 2010 (un chiffre plutôt en hausse), le chômage est loin d’être un phénomène inconnu dans la «Belle-Province». Le gouvernement provincial aurait-il l’intuition que permettre l’accès au marché du travail à quelques milliers d’étrangers hautement qualifiés n’empêche pas de lutter efficacement contre le chômage ?  Voyons un peu le détail des mesures appliquées :
Si vous voulez travailler au Canada après avoir obtenu votre diplôme, vous devez demander un permis de travail au titre du «Programme de travail postdiplôme». 
Programme de travail postdiplôme
Le Programme de travail postdiplôme permet aux étudiants ayant obtenu un diplôme dans un établissement postsecondaire canadien participant d’acquérir une expérience professionnelle précieuse au Canada. 
Il vous est possible de vous voir délivrer un permis de travail au titre du Programme de travail postdiplôme valide pour la durée de votre programme d’études, soit pour une période maximale de trois ans. La période de validité du permis de travail postdiplôme ne peut dépasser la durée du programme d’études de l’étudiant, laquelle doit être d’au moins huit mois. Par exemple, si vous avez eu votre diplôme après quatre ans d’études, vous pourriez être admissible à un permis de travail de trois ans pour autant que vous remplissiez les critères, mais pour un certificat obtenu après huit mois d’études, vous seriez admissible à un permis de travail valable au maximum huit mois.
Pour se voir délivrer un permis de travail et de manger le pain des Canadiens après l’obtention de son diplôme, l’immigré potentiel remplir un certain nombre de conditions, notamment : avoir étudié à temps plein au Canada pendant huit mois au minimum, avoir terminé le programme d’études avec succès et entamer ses démarches dans les délais impartis.

C’est tout ? Pas d’humiliations dans les sous-préfectures ? Pas de «circulaires» félonnes tapies dans les tiroirs ? Pas de douches obligatoires à l’eau de Javel pour désinfecter ces masses grouillantes de crève-la-faim enguenillés et malodorants, tout qualifiés qu’ils se prétendent ? Pas de carrières prometteuses détruites d’un coup de tampon désinvolte, par une armada de gratte-papier au teint blafard et aux cheveux gras, s’essuyant un filet de morve sur la joue du revers de la main en même temps qu’ils condamnent des promotions entières d’indésirables diplômés à une «déportation» (selon la terminologie locale) certaine et imminente ? Non, rien de tout ceci. Sainte Mère, quelle inconscience, quelle grave erreur ! Le Canada court à sa perte, et sera incessamment submergé de vagues d’immigration incontrôlée, et les Canadiens ne tarderont pas à ne plus «se sentir chez eux» ! On devrait leur envoyer Guéant en mai 2012, lorsqu’il se retrouvera au chômage chez nous : il remettrait de l’ordre vite fait dans cette maison ! OK, j’ai donc choisi un mauvais exemple avec le Québec : sans aucun doute, plein d’autres pays, dans le monde, ont une politique aussi restrictive (et de bon sens bien sûr) que la nôtre pour limiter l’emploi des anciens étudiants étrangers ?

EN ALLEMAGNE

C’est bien connu, l’Allemagne n’aime pas beaucoup les étrangers. Après tout, c’est ce pays qui a tout bonnement inventé le concept de xénophobie, pas vrai ? Jusqu’au début des années 2000, il était presque impossible pour les étrangers d’obtenir la nationalité allemande, sauf pour ceux ayant des origines allemandes, si lointaines soient-elles. Droit du sang, interdiction stricte de la double nationalité jusqu’en 2003 (de plus en plus grignotée par différentes dispositions) : il y a encore seulement quelques années, les politiques allemandes vis-à-vis de l’immigration et de l’intégration n’avaient rien à envier aux propositions les plus délirantes conservatrices du conglomérat politique français qu’il convient d’appeler UMFN, actuellement au pouvoir. Aussi peut-on supputer légitimement que les étudiants étrangers, une fois diplômés des facultés allemandes, sont chassés sans cérémonie et priés d’aller se faire pendre ailleurs, que ce soit dans leur pays d’origine où ils ont «vocation» à travailler (dixit Le Guéandertal), ou ailleurs s’ils le désirent, mais surtout pas en Allemagne, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

Eh bien en fait pas du tout. Schock und Konsternation ! Depuis septembre 2007, les étrangers non-européens ayant terminé leurs études dans une université allemande disposent d’un délai d’un an pendant lequel il peuvent rester sur le territoire en toute légalité (et donc en toute sérénité) pour y trouver un emploi en rapport avec leur qualification. Ils bénéficient même d’un «examen prioritaire» de leur dossier pour obtenir le précieux Arbeitserlaubnis, le permis de travail. N’est-ce pas tout bonnement révoltant, ces masses crasseuses et enturbannées se ruant sur les emplois qui devraient revenir au bon peuple allemand ? Le chômage a dû partir en flèche, certainement ? On aimerait pouvoir dire cela pour donner raison à notre gouvernement, mais en fait le taux de chômeurs a fortement diminué, passant de 11,4 à 6% de la population active entre le printemps 2005 et le mois dernier... Et encore, pour la Bavière, fière et prospère, il faut diviser ces chiffres par deux. Késako ? Tous ces ingénieurs indiens ou mexicains, ces comptables égyptiens ou brésiliens, ces chercheurs canadiens ou australiens n’ont pas transformé le pays en tiers-monde invivable ? On en perd son latin. Le Chancelier à la moustache doit faire des bonds, dans sa fosse commune anonyme quelque part autour de Berlin... Quant à nos ministres, on aimerait bien avoir leur opinion sur ces faits. Je me demande ce que font les journalistes.

EN GRANDE-BRETAGNE

Comme d’habitude chez nos Rosbifs adorés, rien n’est simple. Le gouvernement conservateur de David Cameron, arrivé au pouvoir en mai 2010 dans un contexte de grande morosité économique, de crise financière et de chômage galopant, a été élu sur un programme où il était question de réduire fortement l’immigration de travail. Ah, enfin des politiciens raisonnables qui s’inspirent des lumières de notre UMP Nationale, direz-vous. Mais en fait, petit à petit, les contours des nouvelles mesures se sont précisés, et bien que l’on puisse parler de quotas très restrictifs, on est encore très loin de la politique aveugle que poursuit notre gouvernement. Les mesures entrées en vigueur en avril 2011 donnent les critères suivants : limitation du nombre global de permis de permis de travail à 21.700 par an, dont 1000 visas pour les exceptionally talented people, détenteurs de Ph.D ou de MBA, certains chercheurs et autre big brains ou big money bags (chefs d’entreprises & investisseurs) et 20.700 “Tier 2 Visas” pour les gens qui ont un diplôme, savent parler anglais et peuvent satisfaire des critères extrêmement détaillés et rébarbatifs à souhait. Chaque critère rempli attribue au candidat un certain nombre de «points» qui s’additionnent. De même, l’employeur potentiel doit satisfaire quelques requirements spécifiques et objectifs. Les jeunes diplômés ayant étudié au Royaume-Uni sont en concurrence avec les candidats qui postulent depuis l’étranger, mais les premiers ont l’avantage de recevoir des «points» supplémentaires dans leur dossier de candidature du fait d’avoir suivi leur cursus dans une université britannique, et peuvent, dans une certaine mesure, demeurer sur le territoire pendant leurs démarches, ce qui est un autre atout non négligeable.

Bref, tout ceci est très complexe et fortement indigeste, mais en définitive les règles sont transparentes, bien définies si on prend vraiment la peine de s’y plonger, et s’appliquent à tous d’après des critères plus ou moins objectifs. 

EN SUISSE

Disons-le franchement : en Suisse, les racistes et xénophobes de tout poil ont pignon sur rue et ne s’embarrassent pas de subtilités pour faire passer leur message. Quand ce ne sont pas les affiches électorales qui représentent les étrangers indésirables en brebis galeuses, ignominieusement jetées hors du pré carré helvétique à coup de sabots, ce sont les frontaliers italiens, français ou allemands qui se voient comparés à des corbeaux, à des rats ou alors désignés sous le sobriquet affectueux de «racaille d’Annemasse». À cette aune, les quelques courageux qui bravent un climat si hostile pour aller étudier dans la petite république alpine sont sûrement boutés hors de Suisse comme le mouton noir de l’affiche UDC dès l’obtention de leur diplôme ?

Non, non, non, et non. Sur le site de l’Office fédéral des migrations, un court article publié en juin 2010 et intitulé Admission facilitée pour les ressortissants d’États tiers diplômés d’une haute école suisse annonce la couleur : 
Le 18 juin 2010, le Parlement a accepté l’initiative parlementaire Neirynck qui prévoit une modification de l’art. 21 de la loi fédérale sur les étrangers (LEtr). Cette décision implique que les étrangers diplômés d’une haute école suisse pourront être admis sans tenir compte de l’ordre de priorité défini à l’art. 21 LEtr. Le séjour leur sera provisoirement accordé pendant les six mois suivant la fin de leur formation ou de leur perfectionnement en Suisse pour leur permettre de trouver un emploi en adéquation avec leur diplôme. Seuls les diplômés aspirant à des postes importants du point de vue économique ou scientifique bénéficieront d’une autorisation de travail. La modification de loi entrera en vigueur le 1er janvier 2011.
Tout est dit en quelques courtes lignes. En Suisse, les racistes glapissent, et les populistes gémissent, mais des lois sensées entrent malgré tout en vigueur, en fonction de l’intérêt du pays, et pas pour séduire un électorat de beaufs incultes qui mettent tous les étrangers dans le même sac et les rendent responsables de tous les maux du pays.

Je crois que cela suffit : j’ai fait ma démonstration. Les règles applicables aux États-Unis étaient trop compliquées à trouver, donc je ferai sans. Mais vous voyez où je veux en venir : il n’y a donc qu’en France que la situation est aussi défavorable aux diplômés étrangers, et ce au mépris des lois existantes. Il n’est pas farfelu d’imaginer les conséquences désastreuses pour l’attractivité internationale de nos universités, si cette situation devait perdurer. À terme, comme l’a dit un de mes amis marocains (et récemment naturalisé français, heureusement pour lui), on en arriverait presque à souhaiter que les anciennes colonies françaises se détournent de la francophonie et adoptent l’anglais comme langue d’enseignement et de travail, pour réagir à ce mépris avec lequel leurs ressortissants sont traités en permanence : ainsi, il y aurait bien moins de candidats à l’immigration en France. Notre pays n’aurait peut-être plus que le rayonnement culturel de la Pologne ou de la Finlande à l’échelle mondiale, mais nos beaufs de Vitrolles ou d’Orange voteraient alors peut-être, oui peut-être, UMP plutôt que FN, et bien sûr ne seraient plus embêtés par personne pour organiser leurs apéros préférés...

C’était donc ça la «France d’après» ?
Ma foi, je ne suis pas mécontent d’être parti alors.
Le dernier qui sort pensera à éteindre la lumière ?

mercredi 26 octobre 2011

Le vol noir des corbeaux sur nos plaines - 1ère Partie : la circulaire Guéant

Dites, les gens, ça pue en France en ce moment, ne trouvez-vous pas ? Ça sent tellement mauvais que même chez nous à Berlin, par jour de grand vent, un remugle nauséabond venu de l’ouest empeste l’atmosphère. Même qu’aujourd’hui, alors qu’il n’y a pas un souffle de vent dans la pièce où j’écris ces lignes, ça fouette à la limite du supportable. Wait a minute, je checke mes semelles au cas z’où, parce que j’ai soudainement un doute : cette puanteur fétide ne saurait être l’arôme de notre doulce France tout de même... Semelle gauche OK, semelle droite... Ach, verdammte Kacke! Non mais vraiment, un instant de distraction sur les trottoirs de Friedrichshain, ça ne pardonne pas.

Pardonnez-moi cette brève interruption... Je disais plutôt : la pestilence gauloise n’a rien à voir avec l’odeur putride qui émane de mes souliers, ni avec les odieuses calomnies proférées par ces peuplades semi-barbares jalouses de notre prestigieuse industrie des parfums de luxe, et qui par dépit et dérision ont inventé des expressions peu flatteuses telles que französisch duschen (se laver à la française) ou to have a French shower chez les Rosbifs : par là, ils désignent le fait de faire sa toilette avec du parfum et/ou du déodorant plutôt qu’avec de l’eau et du savon. Le fait même que ces peuples de rustres mal lavés au teint couperosé et aux dents jaunes aient inventé une expression toute faite pour décrire ce genre de pratiques en dit long sur eux-mêmes, quand bien même ils accusent injustement les Français d’avoir ces habitudes peu hygiéniques trop peu répandues chez nous pour qu’on songe à leur donner un nom.

Non, ce ne sont pas les aisselles des 65 millions de Français qui sentent mauvais par-delà les frontières hexagonales, mais plutôt les éructations d’un trop grand nombre de nos dirigeants qui ne savent plus quoi inventer pour courtiser frénétiquement la frange la plus frileuse et frontiste de l’électorat français, fracturant froidement notre idéal de fraternité. Et malheureusement, des hectolitres de bains de bouche Eludril ou des tonnes de bonbons Fisherman’s Friend ne risquent pas de régler ce problème qui n’est pas d’ordre strictement hygiénique.

Mais trêve de bavardage. Après quatre ans de sarkozysme, ou devrions-nous dire, de hortefisme, de bessonisme, de guéantisme et plus clairement de désignation systématique des étrangers comme responsables de tous nos problèmes, la France pue, bien plus que si elle était tout en Roquefort. Le racisme repart à la hausse et est à nouveau accepté et valorisé car «iconoclaste», «anti-conformiste». L’une des toutes dernières excrétions méphitiques de l’équipe gouvernementale, c’est cette «circulaire» de Claude Guéant, l’actuel ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer (aïe !), des Collectivités territoriales et de l’Immigration, un de ces politiciens visionnaires que le monde entier nous envie et qui, comme souvent en Sarkozie, n’a jamais été un élu du peuple. De préfecture en préfecture, de secrétariat général en ministère, c’est à un flic-technocrate sans la moindre légitimité populaire que nous devons ce dernier oukase en vertu duquel les étudiants étrangers, à l’issue de leur cursus dans des établissements français, se heurtent à des difficultés gigantesques et jusqu’ici insoupçonnées pour obtenir les documents les autorisant à rester en France afin d’y chercher un emploi, voire, dans les cas les plus ahurissants, pour rester légalement en France pour commencer à exercer une activité professionnelle alors qu’ils ont déjà été embauchés.

OUI NIDE IOU, beutte onnely if iou are Frêneche or
atte ze rigueur fromme zi Iouropillane Iounionne.
Ozeurouailze, djeuste feuque euffe tou iour caountry
foulle ove Bougnoules or Blaque pipeule or ouatéveur.
La «circulaire Guéant», vous en avez sûrement déjà entendu parler. Vous avez certainement vu ces extraits édifiants qui décrivent par le menu les situations absurdes créées par l’application de cette circulaire.

Certains au gouvernement voudraient rassurer l’opinion et faire taire les critiques en soulignant que la circulaire n’est qu’un simple «rappel de la loi». On ne demande qu’à les croire, mais la circulaire, que j’ai lue dans sont intégralité, dit très exactement ceci dans son introduction et la même chose en substance en conclusion :
“Le Gouvernement s'est fixé pour objectif d'adapter l'immigration légale aux besoins comme aux capacités d'accueil et d'intégration de la société française. [...] cet objectif implique une diminution du flux. [...] En effet, la priorité doit être donnée à l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi aujourd'hui présents, qu'ils soient de nationalité française ou étrangère, résidant régulièrement en France. La procédure de changement de statut (étudiants demandant un titre de séjour professionnel) devra faire l'objet d'un contrôle approfondi. L'exception prévue pour les étudiants qui sollicitent une autorisation provisoire de séjour dans le cadre d'une recherche d'emploi doit rester rigoureusement limitée. Le fait d'avoir séjourné régulièrement en France en tant qu'étudiant [...] ne donne droit à aucune facilité particulière dans [...] la délivrance d'une autorisation de travail.”
De plus, la circulaire stipule, dans au moins deux passages différents, que «les étudiants étrangers ont prioritairement vocation, à l’issue de leur séjour d’études en France, à regagner leur pays». On va tout de même bien plus loin qu'un simple et salutaire rappel de la loi, puisque la loi ne demande nullement aux préfets de «diminuer» quelque flux que ce soit, ni de renvoyer chez eux les jeunes diplômés venus de pays étrangers dans le premier avion à destination de la Bougnoulie une fois leur cursus achevé. Elle ne préconise pas non plus d’appliquer la préférence nationale chère au FN depuis 1985. En fait, la loi dit plutôt ceci :
 “L'étudiant étranger, qui vient d'obtenir en France un diplôme au moins équivalent au master et qui souhaite, en vue d'un retour dans son pays, compléter sa formation par une première expérience professionnelle en France, peut demander une autorisation provisoire de séjour, sous certaines conditions (diplôme, salaire...).
Cette autorisation provisoire lui permet de travailler et, à son échéance, éventuellement de poursuivre son expérience professionnelle en France.
Certaines nationalités bénéficient de conditions plus favorables de délivrance.
[...]De plus, l'étudiant doit présenter un diplôme figurant sur une liste fixée par arrêté. Cette liste mentionne notamment  :
  • le diplôme de master,
  • le diplôme d'études approfondies (DEA) ou d'études supérieures spécialisées (DESS),
  • le diplôme d'ingénieur délivré par un établissement habilité,
  • le diplôme de recherche technologique, le doctorat et l'habilitation à diriger des recherches,
  • le diplôme d'État de docteur en médecine, chirurgie dentaire, pharmacie,
  • [...]
Il n’est dit nulle part que c’est une «exception» que de se voir accorder une autorisation provisoire de séjour, mais plutôt un droit dont jouit chaque diplômé étranger qui remplit les conditions clairement définies. Un simple «rappel de la loi», vraiment ?

Par ailleurs, le législateur demande aux entreprises et aux employeurs de se conformer à un certain nombre d’obligations essentielles relatives au versement des cotisations sociales, aux normes de sécurité, à la formation professionnelle, à l’emploi des travailleurs handicapés ou des «seniors». Jusqu’ici, rien que de très normal. Mais la circulaire Guéant poursuit son rappel de la loi de manière pour le moins innovante et créative, en suggérant explicitement aux préfectures d’opposer un «avis défavorable» aux sociétés qui, par le passé, se seraient fait pincer sur un manquement aux obligations précitées, et empêcher ainsi lesdites entreprises de recruter des diplômés étrangers. Ces derniers n’ont évidemment rien à voir la faute en question, si minime ou si énorme soit-elle, mais ce sont eux qui vont payer les pots cassés et les erreurs de leurs employeurs potentiels. En gros, l’idée ici c’est : «Non, désolé, en mars 2009 il vous manquait un quinquagénaire unijambiste pour que vous remplissiez votre quota de travailleurs handicapés, par conséquent vous n'allez pas pouvoir recruter cette doctorante mexicaine, qui d'ailleurs va devoir gicler fissa, tiens d'ailleurs casse-toi Conchita, t'as assez traîné tes guêtres chez nous. Allez, ouste, retourne boire de la tequila et danser la cucaracha avec Speedy Gonzalez, hop, hop, hop !».

Dans un tel climat, après quatre années de vomissage permanent sur tout ce qui n’est pas assez français (cinq ans si on compte la dernière campagne présidentielle), on comprend presque que les Préfectures aient fait l’impasse sur l’absurde batterie de vérifications tatillonnes à effectuer avant d’accorder les précieuses autorisations, dans un contexte de réduction du nombre de fonctionnaires, et choisi d’appliquer la consigne avec un zèle systématique, au mépris des lois dont la circulaire n’est pourtant qu’un simple «rappel» (n’est-ce pas), plongeant dans le désarroi des centaines de jeunes âgés de 20 à 30 ans, Africains, Maghrébins, Nord-Américains, Asiatiques ou autres, qui n’avaient pas la moindre idée du piège qui se refermait sur eux alors qu’ils validaient leurs derniers crédits au printemps dernier, ou qui ne s’imaginaient pas de telles difficultés lorsqu’ils décidèrent de s’inscrire dans telle ou telle grande école ou université française il y a 3 ans ou plus.

Merci aux Inrocks pour ce chouette cliché de notre ministre préféré
J’ai eu la chance de fréquenter un établissement supérieur jouissant d’une bonne réputation hors de nos frontières, où de nombreux étudiants non européens choisissaient d’effectuer une partie ou la totalité de leur cursus. En même temps que je me suis lié d’amitié avec nombre d’entre eux, je les ai vu s’attacher à la France et choisir d’y rester, pour la plupart d’entre eux, une fois leur diplôme obtenu, se trouver de bons jobs, payer leurs impôts, bref, enrichir la France, matériellement mais sans doute à tous les sens du terme, tout en y construisant leur vie. C’était la moindre des choses de leur donner la possibilité de rester, plutôt que de les chasser ignominieusement en raison d’une quelconque «vocation à retourner dans leur pays». Fatalement, je trouve cette directive complètement absurde, tout comme cette mise à hystérie grandissante contre l’ensemble des étrangers en France.

Beaucoup de choses ont déjà été dites, écrites et diffusées sur les ondes, depuis que cette circulaire a atterri dans les préfectures, avec la discrétion furtive d’un fax, plutôt que par le biais d’un bruyant débat parlementaire (le suffrage universel et les débats démocratiques n’étant pas le fort de notre ministre-flic). Je vous propose de lire cet excellent article de Slate.fr, qui exprime en mieux une bonne partie des pensées que cette circulaire m’inspire. Au lieu de répéter et paraphraser tous ces arguments, plutôt que de me joindre au chœur des indignés, je vais, dans un deuxième volet, démonter cette illusion (ou ce mensonge) selon laquelle «c’est pareil ailleurs». Car enfin, non ce n’est pas pareil. Les faits sont là et ne demandent qu’à être exposés. Voilà.

Au fait, pourquoi parlé-je de corbeaux noirs dans le titre de ce billet ? Parce que nos trois derniers ministres de l’Intérieur, par leurs discours de rejet et leur «idées» de génie, me font penser à l’affiche suivante :

Des corbeaux (forcément étrangers) dépècent la Suisse. Oh qu’ils sont vilains !

Notre gouvernement n’emploie peut-être pas la terminologie crue de l’extrême-droite suisse (enfin, pas toujours), mais les idées sont les mêmes à 100%. Cependant, pour moi, ces trois corbeaux ne symbolisent pas les étrangers prédateurs qui viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes, mais plutôt la malveillance hypocrite de ce gouvernement, en particulier les trois ministres de l’Intérieur qui se sont succédé ces quatre dernières années : Riri, Hortefifi et Cloclo. À très bientôt pour le 2ème volet.

Affiche électorale d’extrême droite suisse.
La symétrie avec les propos de l’UMP est plus que frappante.

vendredi 2 septembre 2011

Une bonne dose de haine dans ce monde de bisounours !

Chic ! Youpi ! Hourra ! La saison des élections a enfin commencé à Berlin ! Le 18 septembre, la ville-État élira son maire, qui porte le titre officiel éminemment belgophile de «Bourgmestre-gouverneur» du Land fédéré. Sans métendre sur les détails rébarbatifs, et Dieu sait quil y en a, Allemagne oblige, j’en viens à l’essentiel : quel bonheur, ces milliers daffiches toutes pourrites qui ont fleuri par monts et par vaux ces dernières semaines, le long des rues, des trottoirs et des canaux, sur tous les réverbères et autres supports verticaux idoines que compte la cité prussienne. Aïe, mes yeux! Ouille, mes aïeux! Fidèles à eux-mêmes, les Teutons nont pas fait dans la dentelle cette année. Certes, on peut s’émouvoir de l’absence des postérieurs à tatouages rebelles ou des décolletés obscènes de quinquagénaires ménopausées qui avaient tant fait jaser lors des législatives de 2009 et agréablement pimenté des débats sinon plutôt raplaplas, quoiqu’aux dépens de la crédibilité de la gent féminine en politique. Cependant, il faut bien que les communicants se renouvellent de temps en temps, sinon gare. Et après tout, bien que les affiches millésime 2011 semblent s’être assagies et évoquent moins une campagne publicitaire de Hot Vidéo Spécial Femmes Mûres qu’à l’accoutumée, ne vous mettez pas martel en tête: il y a tout de même du gros niveau cette année.

"Nous sommes le Peuple!" s'époumonne bruyamment la
Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Pour ce tout premier billet consacré aux élections (et selon toute vraisemblance, le tout dernier aussi), je voudrais vous guider à travers mes affiches favorites dans la campagne actuelle : celles des partis de l’extrême-droite, populiste, natio-naliste, humoristique et xénophobe. Avec les partis extrémistes, nous sommes en permanence invités à prendre part à un voyage vers un monde de peur et de dangers imaginaires, et ça tombe bien : j’aime bien les voyages, même quand ça fait un peu peur.

À quoi reconnaît-on les affiches des partis du rejet de l’Autre en Allemagne ? Par leur exaltation de l’idéal aryen ? Par leur glorification de la Volksgemeinschaft spoliée de son Lebensraum ? Par leur surenchère de croix gammées ? Par leur rhétorique viscéralement antisémite ? Vous n’y êtes pas du tout. Tout ceci est interdit et passible de poursuites. Verboten und Grundgesetzwidrig (anticonstitutionnel). Les groupuscules qui tombent dans ce piège facile sont promptement dissous et interdits d’activité, leurs membres mis à l’index et couverts d’opprobre, parfois condamnés à de lourdes amendes. De nombreux partis et associations en ont fait les frais ces dernières décennies, et de nombreux forums internet continuent de se faire pincer: c’est donc une pente très glissante que peu se risquent à aborder ouvertement. Elle semble absente des campagnes de communication dans les rues de Berlin.

Au-dessus de la Friedrichstrasse comme ailleurs,
les affiches de la NPD atteignent la stratosphère 
En fait, il y a un moyen très simple de repérer et d’identifier les affiches d’extrême-droite : il suffit de lever les yeux et le bras droit vers le ciel. Les affiches les plus haut perchées sur les lampadaires sont presque toujours celles des partis nationalistes. La raison à cette préférence pour les hauteurs, à plusieurs coudées au-dessus des miasmes de la populace impure et contaminée par les agents étrangers, est, à mon humble avis, que ces affiches sont régulièrement vandalisées ou carrément décrochées de leur piédestal par les anti-fascistes. Comme elles sont accrochées haut, cela complique d’autant la tâche aux empêcheurs de haïr en rond. Une autre interprétation plausible est que plus les idées d’un parti volent bas, plus ses affiches sont suspendues haut dans le firmament, comme pour compenser et créer une illusion de supériorité à peu de frais. Une fois que vous avez pris le bon pli de regarder en permanence ce qui se passe à cinq mètres au-dessus du sol, et que vous maîtrisez l’art d’arpenter le pavé le nez en l’air tout en évitant les crottes sur le trottoir (précaution facultative mais vivement recommandée), vous êtes fin prêts pour débuter l’exploration méthodique.

Tout à droite de l’échiquier politique, trois partis nationalistes se tirent la bourre et flattent les plus bas instincts des électeurs de la capitale, au nombre desquels votre dévoué chroniqueur n’est pas peu fier de se compter. Dernier venu dans le paysage, le parti Die Freiheit («La Liberté») a été fondé fin 2010 par un politicaillon est-berlinois en mal de reconnaissance, s’inspirant des percées électorales des populistes européens et du succès commercial de l’opus xénophobe de Thilo Sarrazin paru à la même époque, comme je vous le disais déjà récemment. Le nom même du parti reflète cette émulation, puisqu’il évoque sans faux-semblants le Partij voor Vrijheid de l’épouvantail peroxydé Geert Wilders, son modèle néerlandais. Pour sa toute première échéance électorale, d’aucuns espéraient une campagne choc, une surenchère de provocations et de slogans haineux et dérangeants afin d’exister dans cet environnement bien encombré. Hélas, entre les discours timorés du parti et le visuel très pauvre des affiches, qui nous assomment plus d’ennui que de peur, l’électeur xénophobe qui sommeille en chacun de nous reste sur sa faim. Je prédis à Herr Stadtkewitz une défaite cuisante le 18 septembre. Ça lui apprendra à manquer d’audace et à être si peu photogénique. Bouh le gros naze même pas beau.

"Notre culture dominante - L'intégration est une dette importée"
OK, on en prend bonne note. Mais encore?
"Un métro sûr - Pour vous permettre de bien rentrer chez vous."
Mazette, ça décoiffe !

Un peu plus ancienne dans le milieu, et déjà nettement plus aguerrie aux méthodes de provocation et aux discours de haine et de rejet sans ambages, la Bürgerbewegung pro Deutschland («Mouvement des Burgers pros en Allemagne»), fondée à Cologne en 2005, est désormais reconnaissable entre tous par son logo représentant une mosquée barrée depuis l’époque où elle n’était qu’un petit parti régional qui s’appelait Pro Köln. Enfin, comme vous verrez plus bas, on n’est plus très sûr qu’il s’agisse vraiment d’une mosquée... Étant donné que les thèmes abordés sont absolument classiques et sans aucune originalité («non aux immigrés, non à la délinquance, et d’ailleurs il y a une corrélation indiscutable entre les deux, n’est-ce pas»), ce qui compte c’est de mettre le paquet sur la forme pour rendre audible un message sans cesse rebattu et plus vraiment nouveau.

Sur la prestigieuse avenue Unter den Linden, le mouvement des Burgers nous appelle
à aller "voter pour les thèses de Thilo". Thilo? Mais qui est ce Thilo? 
Les Burgers ont la trouille: "Capitale de la peur? Pas avec nous!"
Oui, j'ai peur qu'on me vole mon vélo. Faisez quequ'chose messieurs les Burgers !
À part ça, des idées contre le chômage? Non? Quelle surprise!
Thilo Sarrazin a beau ne pas porter les musulmans dans son coeur, il a protesté énergiquement lorsque le parti d'extrême droite a eu l'outrecuidance de rendre hommage à son best-seller xénophobe. Sacré Thilo! Pourtant, rien ne disait qu'il s'agissait de lui! Néanmoins, le Mouvement des Burgers Apeurés n'a pas eu d'autre choix que de modifier à l'arrache ses affiches. "Votez pour des thèses censurées", c'est intéressant... Mein Kampf aussi est "censuré" en Allemagne.
Alors, mosquée ou pas mosquée? J'ai l'impression funeste que le Mouvement des
Burgers veut démolir  l'Oberbaumbrücke! Au secours!
Pour finir, mon affiche préférée du Mouvement des Burgers, sur la Landsberger Allee.
"Nos femmes sont libres!" Messieurs les Burgers, "nos" femmes vous remercient!
Et sinon, des propositions pour l'éducation? Toujours pas? Quel dommage...

Vainqueur incontesté de cette guerre des mots et des images sur les rives de la Spree, la Nationaldemokratische Partei Deutschlands, doyenne de l’extrême-droite allemande et grande recycleuse de nazis (les vrais hein, pas les «néos») dès sa création en RFA en 1964, n’est pas étrangère aux stratégies de provocation si outrancières qu’elles suscitent immédiatement le malaise et lui attirent des déluges de critiques qu’elle exploite sans vergogne. Lorsque l’exaspération atteint son paroxysme, il se trouve toujours un groupe de parlementaires qui proposent de faire interdire la NPD, bien que toutes les tentatives antérieures se soient systématiquement soldées par autant d’échecs. Ces fiascos ne font, malheureusement, que renforcer le parti, conforté dans son image de paria muselé par l’establishment. Cela ne vous rappelle rien? Délibérément choquants et ouvertement racistes, les slogans ont une tonalité agressive: il n’y est question que de «punir» les ennemis désignés (politiciens, pédophiles et criminels) et d’«expulser» les indésirables: les étrangers, les criminels (qui vont de pair) et la monnaie unique. C’est d’une simplicité enfantine. On attend encore les propositions de la NPD pour l’éducation, pour l’emploi, pour l’urbanisme, pour la culture... et quelque chose me dit qu’on risque d’attendre longtemps! En attendant, sur ses thèmes favoris, le parti néo-nazi a multiplié les attaques.

Première salve: Udo Voigt, le président du Parti nationaliste, est photographié en rebelle sur sa moto, blouson en cuir sur le dos, exsudant la virilité et la testostérone. “Gas geben!” nous dit-il, une expression gentillette et inoffensive qui se traduit normalement par «Accélérons», et qui a déjà été utilisée dans des campagnes publicitaires tout à fait différentes. L’ennui, c’est que dans la bouche des héritiers du nazisme, il est difficile de ne pas adopter une lecture plus littérale de ce «à plein gaz». Il n’en fallait donc pas plus pour susciter une nouvelle polémique. Personne n’est dupe de l’innocence feinte par le parti et quant à ses intentions, mais il est impossible de prouver quoi que ce soit sur ce cas précis. La NPD a su, une fois de plus, s’attirer les critiques pour mieux se poser en victime. La technique est sacrément bien rodée.

"Gas geben", en pleine Friedrichstrasse
Quelques aimables vociférations de la NPD sur le thème «Tous en taule!» Cela se passe de commentaires.

"Une GIFLE pour les grands pontes de la politique!" à Hallesches Tor

"Défendez-vous!" exhorte la boxeuse teutonne à casquette.
L'affiche vandalisée dit sobrement Deutsche KINDER braucht das Land,
"Notre pays a besoin d'enfants allemands"...

La SÉCURITÉ par le DROIT et L'ORDRE (nouveau?)
"PEINE MAXIMALE pour les pédophiles!"
Je suppose que cela n'est applicable que si la victime est un "enfant allemand", bien entendu...


"SANCTIONNEZ les saloperies des politiciens!"


Il est faux de dire que la NPD ne propose rien en matière économique. Elle a fait des propositions solides, audacieuses et novatrices pour soutenir la croissance allemande, et en voici les plus hardies:

"Notre TRAVAIL, notre ARGENT - Quittons l'Euro!"
"Oui au TRAVAIL, non à la PAUVRETÉ"
Fallait y penser!
Mais la NPD ne serait que l’ombre d’elle-même si elle ne ne réservait pas ses attaques les plus cinglantes contre les «étrangers», qu’elle définit à sa manière, selon le critère racial cher aux national-socialistes: est étranger qui n’est pas de «sang» allemand, quand bien même il serait né allemand ou aurait acquis la nationalité. Une telle définition exclut automatiquement près de la moitié de la Nationalmannschaft. Trêve de blabla, passons aux images.

Soziale Sicherheit statt Multikulti!
"La sécurité sociale plutôt que le multiculturalisme!"
"Bon retour au bercail et bon vent!" Une invitation au voyage, vous disais-je!
Une autre invitation au voyage: "Rentrez chez vous!"
Et pour finir en beauté, voici, de très loin, mon affiche préférée de la NPD, et de toutes celles-ci dessus. Je l’ai aperçue dimanche dernier à Treptower Park, en un exemplaire unique que je n’ai revu nulle part, et j’en suis restée bouche bée! Ça donne quoi quand les néo-nazis insultent les étrangers ou les citoyens allemands d’origine étrangère en faisant des rimes? Eh bien cela donne une perle collector du genre:

Si Ali
Commet un délit:
On l’renvoie au pays
Sans chichis!”

Magnifique! La version allemande est d’ailleurs nettement plus jolie. Avec un tel talent, on est presque attristé de savoir que ces partis extrémistes récolteront à peine 3 ou 4% des voix. Leurs membres devraient peut-être laisser tomber la politique et se lancer dans des carrières d’«humoristes», à la Eric Zemmour? Ce n’est qu’une idée, bien sûr.

Vous avez dit raciste ? Mais jamais de la vie, voyons !
La bien-pensance, y'en a ras l'bol !

vendredi 29 avril 2011

L’Empereur Bokassa, le Duc de Cambridge et le Comte du Cocotier

Je vais être franc avec vous, chères lectrices que je sais toutes jeunes, jolies, mais aussi intelligentes n’est-ce pas, comme un croustillant mélange d’Emma Watson, de Kate Middleton et de Marie Curie : cette semaine, je me suis superficiellement intéressé au Royal Wedding. J’ai parcouru distraitement quelques articles publiés dans mes journaux favoris, qui en général s’adressent à un public qui se veut intelligent : The Guardian, Der Spiegel et Le Monde.

L'obscur archipel néo-zélandais de Niue honore le couple princier...
en attribuant à William et à Kate leur juste valeur respective.
Certains desdits articles étaient franchement “pipole” et faisaient languir le lecteur décérébré sur des questions brûlantes comme “Quel créateur signera la robe de mariée?” ou “Quel sera le menu du banquet royal ?”. Ceux-là, je les ai évités comme si leur simple lecture pouvait m’affliger immédiatement d’une maladie cérébrale dégénérative incurable (d’une certaine manière, ça doit être le cas). D’autres éditoriaux étaient farouchement anti-monarchistes, et leurs accents résolument robespierresques exhortaient le lecteur, à défaut de pouvoir faire tomber d’un coup sec et tranchant toutes ces têtes couronnées, à se désintéresser de ces niaiseries anachroniques et dispendieuses. Je les ai lus avec intérêt, même si je ne partage pas forcément la virulence de leur propos. La troisième catégorie d’articles, mes préférés, était entièrement factuelle, et informait d’un ton neutre l’humble populace grouillante que parmi les invités à la cérémonie, parmi la crème de la crème de ces êtres supérieurs que vous et moi n’égalerons jamais, figurent des individus aussi fréquentables qu’un ancien tortionnaire bahreïni devenu ambassadeur, ou le roi Mswati III du Swaziland, despote absolu et sanguinaire d’une nation croupissant dans une abjecte pauvreté, séropositive à 30% et qui jouit d’une espérance de vie d’une quarantaine d’années, une miséricorde tant la vie doit être affreuse dans ce petit royaume montagnard. J’aurais voulu vous dire, me hissant sur un haut piédestal de supériorité intellectuelle, que j’ai entièrement snobé l’événement, que la famille royale britannique est tellement insignifiante, “so irrelevant”, qu’elle n’est même pas digne de mon mépris, mais non, ce serait un mensonge.

D’ailleurs, grâce à ce mariage et à l’indécent battage médiatique qu’on nous a infligé, j’ai pu avoir un débat intéressant avec un ami espagnol et enfin comprendre à peu près pourquoi et comment diable on peut être monarchiste au XXIème siècle. La réponse est courte et limpide : les monarchies sont attachées à leurs rois comme des symboles de la nation, et le fait que ces personnes ne soient pas élues par le peuple semble aussi normal que le fait de ne pas avoir à voter tous les cinq ans pour désigner un nouveau drapeau ou un nouvel hymne national, puisqu’il s’agit tout simplement d’un symbole, quoique de chair et d’os. Raisonnement impeccable s’il en est. Je n’ai rien trouvé à redire. Très bien, chers Espagnols, Britanniques, Bénéluxiens et Scandinaves, si cela vous convient si bien, alors vous m’en voyez fort aise, et ce n’est pas moi qui tenterai de vous convertir aux vertus de la République à la sauce Sarko, qui fait plutôt figure de repoussoir chez les plus clairvoyants d’entre vous, et ce à juste titre.

Fort-de-France, le 19 avril
Dès lors, que m’inspire cet événement d’une importance au mieux très moyenne, à propos duquel je me suis laborieusement évertué à finir trois paragraphes toute la semaine, en vain jusqu’ici ? Pas grand-chose, à part une réaction à cet article du Guardian qui détaille et analyse la pluie de titres de noblesse qui s’abat sur les tourtereaux comme une giboulée printanière, like rain on your wedding day comme l’a d’ailleurs ironiquement chanté Alanis Morrissette : la Reine, pimpante et élégamment chapeautée, a fait son petit-fils William et sa belle-petite-fille Kate, en guise de cadeau de mariage, 
Duc et Duchesse de Cambridge, Comte et Comtesse de Strathearn et Baron et Baronne Carrickfergus
Elle s’est arrêtée là de justesse, alors qu’elle aurait très bien pu les honorer du titre de Docteur et Doctoresse en Droit à l’université de Bayreuth, si tel était son bon vouloir, et ce sans même qu’ils ne se donnent la peine de plagier une thèse, mais il est vrai que ce dernier titre s’est quelque peu galvaudé par les temps qui courent... L’implication logique de tout ceci, c’est que William, qui depuis sa sortie triomphale du noble utérus de feu sa mère, porte le titre de “Prince William of Wales”, gagne aujourd'hui trois lignes sur sa carte de visite, tandis que son épouse Catherine entre dans la Family en recevant les distinctions qui jusqu’ici lui avaient cruellement manqué. On comprend aisément, si on veut bien respecter de vieilles traditions, que l’épouse du deuxième prétendant au trône d’Angleterre mérite mieux qu’un simple « Madame », ce terme banal qui convient mieux à une vulgaire bouchère de banlieue. Du coup, dans le cas de Kate M., ces titres rutilants sont mérités dans la mesure où, pour les recevoir, elle ne s’est pas simplement contentée de naître : elle a tout de même dû pécho le fils de Lady Di, un exploit peu commun qui en soi n’est pas à la portée de la première fille de millionnaire et étudiante en histoire de lart venue. Elle devient officiellement une altesse royale mais ne reçoit surtout pas le titre de princesse, alors attention à ne pas vous tromper dans le protocole hein, bande de gueux et de gueuses. Etc, etc, etc.

Madrid, le 27 avril. El País Semanal fait ses choux gras des noces de
"Guillermo y Catalina"
Fi, vous dis-je, fi ! Outre le fait que ce soit la grande classe d’offrir un duché, un comté et une baronnie comme cadeau de noces, bien plus la classe qu'un bon de 50€ sur Printemps à Deux ou une parure de lit achetée en deux clics chez 1001Listes.fr, à quoi riment-ils, tous ces titres, vains et dans le fond assez ridicules ? Guillermo y Catalina, comme les nomme joliment la presse espagnole, deviennent Ducs de Cambridge pour de faux. La ville de Cambridge garde son maire et sa structure démocratique, merci pour elle, et il n’est pas question d’y réintroduire la taille, la gabelle, les corvées et le droit de cuissage, Dieu soit loué. Alors, quid de toutes ces distinctions ? Si jamais, en un jour béni, nous autres manants étions brièvement élevés du caniveau où nous sommes vautrés, et amenés à rencontrer William Windsor, devrons-nous lui faire trois révérences de plus, une au duc, une au comte et une au baron ? Si jamais Catherine Middleton Windsor devait un jour débarquer dans notre salon pour des leçons d’élocution comme Helena Bonham Carter alias l’épouse de George VI dans The King’s Speech, devrons-nous lui faire trois fois plus de baisemains ? Devons-nous les respecter trois fois plus ? Ou peut-être notre respect et nos salamalecs ne doivent pas être augmentés de manière arithmétique, mais plutôt logarithmique, pour respecter la hiérarchie des différents titres conférés, en vertu du Théorème d’Henry VIII ?

Son Excellence, le Président à Vie,
Maréchal, Docteur El-Hajji, Idi Amin Dada,
Conquérant de l'Empire Britannique,
Roi d'Écosse, etc, etc.
En somme, cet empilement de distinctions et de titres est aussi débile que dans le cas de ces potentats africains qui se décernaient à eux-mêmes des titres ronflants, ces Colonels usurpateurs, Généraux d’opérette, Maréchaux autoproclamés, ces Derniers Rois d’Écosse d’imposture. Mouammar Kadhafi n’était un simple capitaine ? Et hop, promu par lui-même au grade de colonel, il a tout de suite acquis de la stature. Idi Amin Dada se sentait-il quelque peu à l’étroit dans son uniforme de major-général ? Qu’à cela ne tienne, un costume de Maréchal fort seyant, taillé sur mesure et par ses propres soins lui permit aussitôt d’y coudre toutes les décorations qu’il s’est lui-même attribué. Et Bokassa Ier, empereur de Centrafrique ? Ah, Bokassa...

Oui, c’est tout de même moins crevant de collectionner ainsi les titres que de travailler pour les mériter. À ce petit jeu, même les faux docteurs qui semblent abonder dans la classe politique allemande (pas si classe que ça justement, puisqu'après l'élégant baron von Googleberg, c'est au tour de Silvana Koch-Mehrin d'être démasquée) font figure de laborieux crétins et de vertueux imbéciles qui n’ont rien compris à l’art d'acquérir du prestiiiige en cinq minutes chrono.

Maintenant que j’ai pigé le truc pour se hisser définitivement au-dessus de la masse fétide des mortels, je ne vais pas me priver. Pécho le prince Harry étant relativement improbable, un anoblissement par la Reine d’Angleterre semble peu envisageable. En plus il paraît que c’est vraiment un gros boulet ce Harry. Au lieu d'abandonner au premier contretemps, je passe donc au plan B : me faire adouber par une Reine, n’importe laquelle. Cela tombe bien, j’en connais une : ma propre mère bien sûr, qui pour moi vaut toutes les Reines de ce monde. Je suis allé mander ma génitrice :

Oui, ma mère ressemble un peu à
Galadriel, dans Le Seigneur des Anneaux
« Dis, Maman, j'en ai marre d'être un loser et un moins que rien. Tu voudrais bien me décerner quelques chouettes titres de noblesse histoire que ma pitoyable existence commence enfin à ressembler à quelque chose et que je puisse chopper plein de minettes ?
– OK mon fils, aujourd’hui, je te fais Baron du Balcon de la Maison, Comte du Cocotier au Fond du Jardin, Chevalier de la Chaise-Cassée dans le Garage, et Grand Chambellan de ta Chambre d'Ado.
– Wouaouh, rien que ça ! Ça pète ! Mais dis, tant qu'on y est, un titre académique me dépannerait bien, là tout de suite...
– Je te décerne ce diplôme de Docteur ès Techniques du Lavage de Vaisselle et t'attribue cette chaire de Professeur Émérite en Repassage de Chemises à Manchettes à l'université de la Buandery.
– Chanmé de ouf !
– Tu conserveras ces titres jusqu'à la prochaine lune. Tâche d'en faire bon usage !
– Merci M'man, tu es vraiment la meilleure ! Bisou ! »

Voilà, c'est chose faite depuis aujourd'hui : j'ai trop la classe et je suis l'égal de toutes ces têtes couronnées. Me voilà un homme neuf, que dis-je, un homme tout court, un gentilhomme. OK, je vous laisse, mon Eurostar vient d'entrer en gare de Saint-Pancras, et je dois vite filer à la réception du mariage de ces chers Will et Katie. J'espère qu'ils vont apprécier le coffret arts de la table de chez Christofle que je le leur ai trouvé chez Lafayette Mariage. Il m'a coûté un bras.

Oh là, l'ami, mon cher Duc, ravi de vous revoir ! Que vous avez bonne mine.

jeudi 14 avril 2011

Merci pour votre compréhension

Je suis un type sympa, un type ouvert d'esprit, un type compréhensif.

Franchement, il n'y a que les vierges
effarouchées de gauche pour voir du
racisme dans cette pub rétro sympa
Je ne suis pas raciste, mais je comprends tout à fait que certains mes compatriotes le soient, quand on voit tous les problèmes que posent "les immigrés et leurs descendants" (euphémisme pudique, NDLR) dans les quartiers difficiles, loin du regard des bobos germanopratins bien-pensants : je suis un raciste compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

Je ne suis pas antisémite. Mais je suis parfois étonné de voir à quel point les juifs sont nombreux et influents dans les médias, les banques et les universités. Peut-être que les lois de Nuremberg de 1935 n'étaient pas une si mauvaise idée, dans le fond. Non mais c'est vrai quoi, mettez-vous à la place des millions d'Allemands lambda ruinés pendant la Grande Dépression, il fallait bien agir pour eux. Bon, évidemment, Auschwitz et tout ce bazar, c'était clairement la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Le diable est dans les détails, comme on dit. Je suis simplement un antisémite compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

D'ailleurs, je ne suis pas du tout fasciste, mais avouons que les régimes fascistes savaient s'y prendre pour maîtriser la délinquance. Sérieux, si le camp de Drancy était encore en activité, la racaille des banlieues chaudes du 9-3 tout autour filerait droit je vous dis ! Et je ne vous parle même pas des prières de rue. Nos démocraties à bout de souffle, avec toutes leurs lois anti-discriminations à la noix, sont en train de se faire bouffer. Je suis un fasciste compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

Candidate au viol sur la Route 69
Je ne suis pas un violeur. Mais de vous à moi, je trouve que certaines femmes qui se font violer l'ont bien cherché, quand on voit les tenues que nombre d'entre elles portent, comment elles s'exhibent dans la rue. Et puis, dans la masse des prétendues "victimes", il doit bien y en avoir deux ou trois, au bas mot, qui prennent du plaisir, ces sal***s. Je suis un violeur compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

Je ne suis pas homophobe. Les gens, ils font ce qu'ils veulent chez eux, c'est leur affaire. Mais la manière dont certains se trémoussent en string pendant la Gay Pride me met mal à l'aise. Ces gens-là sont clairement obsédés par le sexe. Je comprends que certaines personnes soient choquées et rejettent ce style de vie qu'on cherche à nous imposer. De toute façon, c'est un péché ; c'est le pape qui le dit. Et puis, qu'est-ce qu'ils ont à réclamer des droits à longueur de journée, ces types ? Je suis un homophobe compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

Je ne suis pas un fraudeur. Mais je trouve que les impôts, c'est mauvais pour notre pouvoir d'achat, et puis les politiciens gaspillent les deniers publics en cigares, en appartements de fonction et en voyages en jet privé. Nous ne sommes pas des vaches à lait à la fin ! En fait, frauder le fisc, c'est se faire justice en quelque sorte. Je suis un fraudeur compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

Je ne suis pas frontiste. Mais je trouve que Marine Le Pen a du charme, et je ne suis pas le seul à le penser. D'ailleurs le FN est un parti politique comme un autre, en fin de compte. Il défend les petites gens laissées pour compte face à la mondialisation et notre culture et nos valeurs menacées par l'immigration incontrôlée. Je suis un frontiste compréhensif. C'est nouveau, ça vient de sortir.

Assurément, nous pouvons être fiers de la France, le pays le plus compréhensif au monde. Tant de compréhension de toutes parts, ça donne le tournis. On pourrait avoir des ministres qui s'attèlent à redresser la situation économique, se préoccupent d'emploi, de recherche, des universités, de logement. Mais non, la priorité des priorités est de nous rendre encore plus compréhensifs. Cet impayable Claude Néant veut combattre l'immigration légale pour, entre autres, "éviter les préjugés, voire la xénophobie". Au passage, cela laisse songeur quant à ce qu'il pourrait concocter s'il se mettait en tête de combattre l'antisémitisme, les viols ou l'homophobie, mais passons... Nous approuvons de tout cœur de telles déclarations, car, c'est sûr, elles donnent un bon coup de boost à la xénophobie compréhensive. C'est nouveau, ça vient de sortir.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...