15 juillet, midi pile sur la Grande Boucle, de La Planche-des-Belles-Filles à
Porc-en-Truie Porrentruy. J’ai choisi, pour illustrer le tout dernier thème de
La Photo du Mois (
«La vie en vert», choisi par
Dorydee), de vous narrer les détails navrants d’une petite mésaventure qui a traumatisé et laissé de lourdes séquelles psychologiques à l’amoureux de la nature que je suis, il y a trois ans presque jour pour jour.
Alors voilà. Les plus assidu(e)s d’entre vous sur ces pages le savent depuis bien longtemps: outre la tenue de ce blog, ma grande passion, dans la vie, c’est
mon balcon fleuri. Il m’arrive parfois, sans exagération, de passer des heures entières à y contempler la fine dentelure des feuilles des dahlias, à y humer le parfum de mes fleurs, à y bichonner mes épices, à éliminer mauvaises herbes et brindilles sèches, où juste à m’y poser, satisfait, en compagnie d’un bon bouquin et de quelques bourdons chafouins et gourmands qui vonvonnent d’allégresse de pistil en pistil. Un vrai papy. Alors que je n’ai même pas encore fêté mes
32 29 25 21 ans! Heureusement que mon balcon est trop petit pour que je puisse y dormir, sinon j’y planterais assurément ma tente Quechua de temps à autre pour y passer une nuit à la belle étoile. En plus de mon balcon, j’ai également fleuri les quatre fenêtres de mon appartement berlinois, de sorte que je ne peux regarder au-dehors sans admirer mes jardinières où pousse une végétation aussi dense et luxuriante que dans l’enclos horticole de ma mère-grand aux Antilles. Cinq mois par an, je suis le roi Nabuchodonosor, furetant avec contentement dans ses jardins suspendus au-dessus de Friedrichshain, Babylone des temps modernes.
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Votre dévoué chroniqueur lit son journal préféré
et savoure un moment de bonheur sur son balcon |
Ah ! Qu’elle est belle, ma vie en vert !
Malheureusement, une vie de jardinier amateur n’est pas une sinécure. Les plantes, il faut les protéger et trouver le temps de s’en occuper. Et souvent, lorsque je rentre après quelques jours d’absence, ce qui m’arrive fréquemment, une mauvaise surprise m’attend. C’est ce qui s’est produit un jour de juillet 2009. J’étais installé dans la métropole teutonne depuis moins d’un an et, ayant emménagé deux mois plus tôt dans l’appartement que j’occupe encore aujourd’hui, je m’étais improvisé jardinier et apprenais sur le tas les rudiments du métier.
Un vendredi soir, je regagnais mes pénates au terme de quatre petits jours de voyage. Depuis quelques jours, les pies, et surtout les pigeons qui peuplent la cour intérieure de mon immeuble, avaient pris l’habitude, pour une raison que j’ignorais, de faire la nouba dans mes jardinières, les saccageant sans aucun égard pour mes efforts floraux. Le lundi précédent, au petit matin, juste avant mon départ, j’avais installé des défenses provisoires et bien précaires, une dérisoire ligne Maginot faite de baguettes japonaises, en attendant, pensais-je, régler la question une bonne fois pour toutes à mon retour de voyage. Aussi, en ce vendredi fatidique, ouvris-je la porte avec fébrilité et me précipitai-je dans ma cuisine, impatient de constater l’étendue des dégâts causés en mon absence, et de reprendre ma bataille contre les fâcheux colombidés. Je ne sais plus vraiment à quoi je m’attendais, ce soir-là, mais je suis sûr et certain que je ne m’attendais pas à trouver une palombe en train de «lounger» peinard sur ma menthe et mon basilic! Mon petit potager portatif, transformé en Club Med pour pigeons! Incroyable! Inacceptable!
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Notez la présence des trois baguettes devant la ciboulette...
Oui c’était mon système de défense anti-pigeons à l'époque. Très efficace! |
*** Note importante: Si vous êtes un amoureux des pigeons, je vous conseille très vivement de vous arrêter de lire tout de suite, car je crains fort que cette petite histoire ne s’achève pas sur un happy end. (Si c’était le cas, ce billet ne serait pas une «Tragédie aviaire». Ben voyons). Après avoir refermé votre navigateur internet, vous feriez mieux de vous rendre hic et nunc à l’hôpital psychiatrique le plus proche de chez vous, car franchement, quiconque a un minimum de sympathie pour les pigeons, ces volatiles gris, sales, puants, et complètement inutiles, devrait consulter un spécialiste au plus vite. Beuark. Vous étiez prévenus. ***