mardi 6 décembre 2011

Berlina Vista Social Club

Votre mission, si vous lacceptez, sera de passer votre samedi, de 10h45 à 16h45, soit la quasi-totalité des heures de jour, au marché de Noël de Spandau pour les bonnes œuvres.

15h45 : la nuit (et la pluie) tombe déjà au marché de Noël de Spandau
Chers amis (depuis le temps que nous nous connaissons, permettez-moi cette familiarité), saviez-vous que votre dévoué chroniqueur n’est pas qu’un simple noctambule qui hiberne le jour et hante les dancefloors la nuit tel un vampire mélomane assoiffé de basses et de naïves oies blanches, mais est aussi un type formidable et chevaleresque qui a un cœur gros comme ça ? Inutile de m’envoyer des compliments par brassées, vous me feriez rougir, tout noir que je suis. Et puis vous pouvez réserver vos éloges pour le jour où je recevrai le prix Nobel de la Paix, ou de Littérature, ou les deux. Faites place, Aung Sans-Souci, Nelson Mandale, et autres, euh, Barack Obama (?), j’arrive ! Écartez-vous, Sergent García Márquez, José Tagomago, Günter Supergrass, je débarque en trombe parmi vous ! Comment-ça le blogging n’est pas un genre littéraire reconnu ? Ils vont se mettre à la page, oui, ces vieux croutons décatis de l’académie suédoise ?

Bref, il fut un temps, désormais fort lointain, où à l’occasion du Téléthon je donnais de ma jeune personne sans compter les heures ni les kilomètres ni les degrés en-dessous de zéro, je m’épuisais nuit et jour, défiais l’hypothermie avec mes amis animés du feu sacré, et, une fois achevés nos défis sportifs, transis, affamés, amaigris, nous bombions le torse et remettions, fiers comme Artaban, un fabuleux chèque 918,04 francs à l’Association contre les myopathies. La Dame de l’AFM, attendrie et compatissante, nous pinçait affectueusement la joue, nous tapotait gentiment l’épaule, nous complimentait chaleureusement pour nos efforts surhumains. Et tout ça en apnée, car la joyeuse troupe de sportifs au grand cœur ne sentait pas la rose printanière au moment de la remise du butin, après trente heures de suées, pensez donc. Ah, les émouvants souvenirs que voilà.

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Entre-temps, j’ai mis une frontière et un bon millier de kilomètres entre la grognasse Madame de l’AFM et moi, et d’autres jeunes et moins jeunes sportifs zélés ont repris le flambeau des exploits annuels pour la bonne cause. Mes prouesses sportives ont pris un tour nettement moins altruiste, et côté social, je me contentais vraiment du strict minimum, c’est à dire rien du tout. Jusqu’au jour où j’ai découvert qu’il y avait, ici même, en Allemagne, des pauvres.

Non, pas des pauvres du genre qui doivent laver eux-mêmes leur Mercedes ou qui, pis encore, sont réduits à rouler en Boxster, la fameuse «Porsche du pauvre» de sinistre réputation, mais des milliers de vrais nécessiteux en grande détresse, qui au quotidien tirent véritablement le diable par la queue. Le slogan «pauvre mais sexy» qui, on le saura, fait depuis des lustres la fierté de la capitale de la coolitude, comme une strip-teaseuse s’enorgueillirait se trémousser en string jauni et rapiécé (et le pire c’est que ça doit sûrement exister, mmmh), n’est pas tombé de la lune. Parallèlement à cela, dans ce monde de fous dans lequel nous vivons, de 6 à 20 millions de tonnes de denrées alimentaires tout à fait saines et comestibles finissent à la poubelle, chaque année, rien qu’en Allemagne. J’en conviens qu’en Germanie, la notion de denrée alimentaire «saine» et «comestible» n’est pas la même que chez nous, mais là n’est pas le propos... 

De fil en aiguille, de hasard en coïncidence, j’ai frappé tout récemment, avec Janne, ma complice de tous les mauvais coups, à la porte de la «Berliner Tafel» («La Table de Berlin»), une sorte de banque alimentaire teutonne, afin de pimper la scène bénévole locale. Pimper, comme dans «Pimp my ride», aber natürlich, alors allons-y donc et pimpons gaiement. Pour éviter d’alourdir la phrase précédente, je n’ai pas précisé que chaque mois, juste dans la Bundeshauptstadt, la Berliner Tafel vient en aide à plus de cent mille résidents en grande difficulté, et «sauve» un demi-millier de tonnes d’aliments qui en Allemagne passent pour «sains et comestibles» (alors qu’en France on les jetterait direct à la décharge et on aurait mille fois raison de le faire, nan mais c’est vrai quoi à la fin, ras-le-bol de cette bouffe dégueu jour après jour). Bien entendu, les denrées saines et comestibles en question (OK j’arrête) sont collectées avant d’avoir atterri dans la benne à ordures, hein, rien à voir avec le mouvement «déchétarien», n’est-ce pas, alors n’allez pas vous imaginer quelque fantaisie de cet acabit. Voilà c’est dit, vous savez de quoi il en retourne. Des mecs dévoués et intelligents qui aident les nécessiteux tout en réduisant le gaspillage insensé que produit notre société malade, faisant ainsi d’une bière deux goûts, zelon un ticton deudon pien gonnu, ach so. Notre première mission, en forme de bizutage : animer un stand d’information de la «Tafel» au marché de Noël de Spandau pendant toute une journée, donc.

Spandau, c’est encore Berlin, mais ce n’est pas la porte d’à côté, oooh que non. Le district le plus occidental de la capitale, banlieue résidentielle assoupie, est à 20 km à l’ouest de notre Kiez de Friedrichshain, soit plus que la distance qui sépare le centre de Paris du cœur de Versailles (si tant est que Versailles ait un cœur, mais c’est un tout autre débat), et non, je ne vous pipote point, ce n’est pas le genre de la maison voyons. Au passage, quand on pense que la S-Bahn met 40 minutes pour parcourir lesdits 20 km, on se demande comment diable on ose l’appeler S-Bahn, avec un S qui veut dire, vous l’aurez deviné, schnell. Mais passons. En plus de ce considérable éloignement, disais-je, Spandau est encore plus pauvre mais moins sexy que la moyenne berlinoise (je préfère ne pas imaginer quel genre de strip-teaseuse ça donnerait, ou alors si, en fait j’imagine très bien mais je garde ça pour moi, rrrrr...), ce qui fait que c’est vraiment le genre de quartier où l’on ne s’aventure pas sans raison, à moins d’être un(e) explorateur/trice dans l’âme et d’avoir du temps, beaucoup (trop ?) de temps à perdre. C’était donc notre premier voyage outre-Havel.

Samedi, 10h30. Le train grince et se tortille lentement à travers des paysages inconnus. On a passé le Stade Olympique, puis franchi le Rubicon la Havel. Les gares portent des noms peu familiers, comme Stresow ou Pichelsberg. Mais Janne et moi avons d’autres préoccupations que cet environnement nouveau. Au stade ultime de la procrastination, nous déchiffrons et commentons fébrilement nos 4 pages d’instructions : arriver 10 minutes à l’avance, aller chercher les clés du stand et la caisse de petite monnaie chez Herr Untel à la Jüdenstraße (non mais franchement...), ouvrir le cabanon et organiser le présentoir, et bien sûr accomplir les tâches détaillées dans la liste de consignes tout en respectant un certain nombre de règles de bon fonctionnement. «Zut alors ça veut dire quoi ce mot, “zugunsten”, tu sais toi ? – Nan, aucune idée. – Bon tant pis, on cherchera tout à l’heure sur internet si on en a vraiment besoin». Ça n’a pas l’air sorcier de s’en sortir, mais nous nous étonnons malgré tout d’être ainsi livrés à nous mêmes, deux petits nouveaux même pas germanophones, face à l’inconnu. À ce moment précis, une femme que nous n’avions pas remarquée s’adresse à nous dans un allemand aux fortes intonations américaines.

La mairie du district de Spandau, "embellie" d'une
très jolie tour carrée tout en béton
«Hallo, vous êtes de la Berliner “Taffle” ? Vous allez au “Spandower Weihnacktsmarket” ? [marché de Noël de Spandau, en allemand américanisé, NDLR]
– Oui !
– Ah, super, moi aussi. Je comprends un peu le français et je vous ai entendu dire “Morgenschickt” [en fait, “équipe du matin” se dit “Morgenschicht”, sauf quand on a un fort accent ricain] à deux reprises, alors j’ai supposé que vous êtes les deux Français que je devais rejoindre au marché de Noël ce matin. Étonnant que nous nous retrouvions par hasard dans le même wagon du même train. Au fait, je m’appelle Deborah.
– Janne, enchantée.
– Jason-Isidore, ravi.
– Justement avec Isid’ on était en train de se demander si on allait être juste tous les deux ou si quelqu’un de la maison allait passer la journée avec nous. On est nouveau alors ça fait bizarre d’être lâché comme ça dans la nature.
– Ah, vraiment, vous êtes nouveaux à la Taffle ? Comme c’est drôle, moi aussi !»

Une Américaine, une Hollandaise, un Martiniquais, 100% de bleusaille, 0% de germanophones : voici donc l’équipe gagnante à qui est confiée la lourde responsabilité de gérer le stand de la Berliner Tafel pendant six longues heures où tout peut arriver. J’adore ce genre d’entrée en matière. Faut pas avoir peur des défis dans la vie.

Terminus Spandau : tout le monde descend. En fait il ne restait plus que nous dans le train de toute façon, puisque personne ne va jamais à Spandau de son plein gré. Nous nous répartissons les tâches : Deborah va chez Herr Untermensch pour récupérer les clés et la caisse, Janne et moi achetons un petit-déjeuner sur le pouce. Nous nous retrouvons ensuite à la cabane, l’ouvrons et le sécurisons avec l’aide d’un joueur de flûte de Pan mobilisé pour l’occasion, allumons le chauffage au gaz, organisons le stand, et nous voilà fin prêts ! Watch out, Spandau, l’équipe de choc de la Tafel est au taquet.


«Schönen guten Tag, wir sind die Berliner Tafel. Eine kleine Spende?
– [Énorme vent : la cible ne réagit pas et passe son chemin].
Einen schönen Samstag!
– [Réponse marmonnée machinalement entre les dents, sans même changer de cap] Danke, ebenfalls.»

C’est fascinant à quel point on se reconnaît dans l’attitude de ces passants qui ne veulent surtout pas être sollicités. J’ai été si souvent à leur place. Combien de stratagèmes ai-je utilisés pour ne pas croiser le regard de ces importuns en ciré rouge ou en t-shirt vert, ou alors m’en débarrasser au plus vite ? Je ne compte plus le nombre de fois où je n
’ai pas hésité à changer de trottoir, à faire un énorme détour, ou à sortir mon téléphone et faire semblant d’être en communication, afin de ne pas être dérangé par ces enquiquineurs. Non je ne veux pas devenir adhérent. Tiens à propos d’adhésion, t’es un sacré pot de colle, ducon, allez casse-toi. Non, je n’ai pas de monnaie. Non, isch spresche keïne Doïtsche, en’schüldigund. Non, je n’ai vraiment pas une minute là. Non, je ne veux pas donner. Non, je ne veux pas sauver les pauvres / les jeunes des quartiers / les femmes battues / la forêt amazonienne / les p’tits n’enfants d’Afrique avec plein de mouches sur la figure / les baleines / les pandas / les hyènes albinos à trois pattes / les malades des écrouelles / les veuves et les orphelins / les sinistrés de tel ou tel désastre à 10.000 km / Willy / le soldat Ryan / le monde. Non. Vous m’entendez ? C’est non. Non ! NOOOOOON !!!

Partant de là, il est très facile de comprendre la réticence des visiteurs du marché de Noël, et donc de ne pas se décourager à cause du nombre de refus. En fait, cette opération est à vivre plus comme un défi qu’autre chose. Nous le relevons avec fraîcheur et espièglerie, dans la bonne humeur qui sied à notre relative «jeunesse» au milieu de cet océan de retraités teutons. En plus, une pointe d’accent français, hollandais ou américain, c’est loin d’être un handicap pour s’attirer la sympathie du public, du moins sa curiosité. Si nous avions été turcs, il aurait fallu trouver autre chose, sans nul doute... Et malgré le fort taux de refus, rien que l’expérience d’observation sociale en vaut le détour. Nous voulions «rencontrer des gens», et nous avons été servis.



Avouez qu'ils sont complètement irrésistibles
«Bonjour Madame. Vous voulez faire un petit don à la Berliner Tafel ?
– Ah, bonjour jeune homme, me répond une voix chevrotante. Où avez-vous trouvé ces petits rennes décoratifs ? Ils sont superbes. C’est exactement ce que je cherche depuis des semaines, mais il n’y en a plus chez Lidl ni nulle part ailleurs.
– Euuuuuuuhhh... baah... je sais paaas... euuh.
– Vous ne voulez pas me le vendre ? Vous en avez trois, j’en veux juste un. Ils sont tellement mignons.
– Baahh, non désolé, ils ne sont pas à vendre... euuuh, vous savez, ça peut avoir été prêté par un membre, j’en sais trop rien, moi.
– Mais si, allez quoi, soyez gentil et faites donc plaisir à une vieille dame.
– Je voudrais bien, mais je suis tout nouveau. Je peux pas prendre ce risque. Je ne sais pas si on peut donner ou vendre la déco.
– C’est bien dommage. Au revoir.
Schönen Samstag!»



En fait quand on y pense, c’est tout à fait normal de se souhaiter un «bon samedi» en Allemagne.

«Schönen guten Tag, eine kleine Spende für die Berliner Tafel?
– Ah, des jeunes qui s’engagent. C’est super ce que vous faites.
– Alors vous voulez bien nous soutenir ?
– Je suis moi-même bénéficiaire. Bon courage les jeunes.
– Merci, bon samedi après-midi !»

Il fait un froid humide et venteux, du genre qui s’infiltre sous nos vêtements : le pire qui soit. Des averses s’abattent sur le marché. Génial. On imagine l’horreur que ça doit être pour les forains qui passent trois, quatre, cinq semaines sur les marchés de Noël, chaque jour. Mais au moins les visiteurs du marché ne cherchent pas à les éviter à tout prix. Les passants pressent le pas, se courbent pour faire face à la bourrasque. Ceux qui croisent malencontreusement notre regard ajustent vite fait leur chapeau sur leur front ou se cachent rapidement derrière leur parapluie, providentiel bouclier multi-usages. Les seuls qui s’en moquent, ce sont les enfants, tant qu’ils reçoivent des cadeaux.

Avec l’arrivée de la pluie et du vent, les choses se calment. On a faim. Il est temps d’aller s’acheter une bonne Bratwurst grillée. On y va à tour de rôle, un par un.

«Bonjour Madame, comme vous voyez, nous représentons la Berliner Tafel. Vous pouvez faire un don si vous voulez.
– Je suis membre moi-même, je passais pas ici et je voulais voir si tout allait bien.
– Ça peut aller, comme vous pouvez voir.
– Mais... vous savez n’avez pas le droit de manger dans la cabane, jeune homme ? Avez-vous bien lu le règlement ?
– Mais, euh, vous comprenez, il fait froid et il pleut des trombes d’eau dehors, et pis, et pis...
– Bon, on va dire que ça va pour cette fois, exceptionnellement. Sinon, vous avez besoin d’un coup de main ?
– Non, ça va, on s’en sort comme on peut. En plus il n’y a pas foule en ce moment. Pardon, un instant [à une autre dame] Bonjour, vous voulez faire un don à la Tafel ?
– Non, je veux un petit renne. Vous n’avez pas changé d’avis ?
– Bah honnêtement je ne peux vraiment pas prendre ce genre de décision.
– Alleeeeeez !
– Désolé Madame... bonne fin-de-samedi-après-midi.
[L’autre vieille donneuse de leçons ne compte pas nous lâcher les baskets] Et vous comprenez, moi l’an dernier j’avais rapporté des supports pour mieux mettre en évidence les cartes de vœux que nous vendons, c’était beaucoup plus joli sur le présentoir, et bla-bla-bla, et ma fille qui devait peut-être venir avec son mari cet après-midi, et patati et patata, et j’ai deux itinéraires possibles pour rentrer à Schöneberg, soit avec la Ringbahn mais ça me fait un changement soit je prends le bus et c’est direct, et tout ce que je raconte est passionnant n’est-ce pas les jeunes, et ainsi de suite, ainsi de suite.»

L'unique source de chaleur de la journée...
Notre petite hutte en bois où on se gèle a beau ressembler à un théâtre de marionnettes, ce sont nous les occupants qui nous trouvons en position privilégiée pour observer la comédie humaine dans toute sa splendeur. Et quel spectacle. Des radins et des généreux. Des taiseux et des radoteurs qui nous tiennent la jambe à n’en plus finir. Des familles immigrées et des retraités allemands. Des malotrus grognons et de chics types. Des gens qui viennent juste demander leur chemin et filent sans demander leur reste. Des alcoolos, des gens à côté de la plaque. Des personnes qui s’arrêtent à bonne distance, préparent leurs pièces ou leur billet, viennent déposer leur don en vitesse et s’en vont aussi vite. Je hèle sans vergogne tous les Africains que je vois passer, espérant faire jouer une hypothétique «solidarité noire». Les ficelles sont peut-être un peu grosses. Quoi qu’il en soit, mon taux de réussite avec eux stagne autour de 0%. De temps à autre, Janne et Deborah partent en commando dans les allées du marché pour récolter plus de dons, et ça marche. Mais par ce sale temps, elles ne tiennent jamais bien longtemps, et nous nous retrouvons vite tous les trois dans le cabanon.

«Donnez-moi un renne, je vous dis !
– Mais non enfin !
– Juste un renne. Je veux un renne. Donnez moi un renne !! Myyyyy Precioussssssssss!
– Mais allez vous-en ! Laissez-nous tranquilles ! You shall not pass! (comme dirait l’autre)»

16h30. Il fait déjà nuit noire, et nous en avons un peu ras-le-bol. L’engagement social, la comédie humaine, mine de rien, c’est comme la musique techno : c’est sympatoche entre amis, mais au bout de six heures, on en a vraiment plein le dos.

«Schönen guten Tag, eine kleine Spende für die Berliner Tafel?
– C’est bon, calmez-vous, on est là pour prendre la relève.
– Non ? Sérieux ? Enfin ! Alléluia !»

C’est l’heure de la délivrance. Nos remplaçants (deux Allemands bon teint ceux-là) sont des bénévoles confirmés. Ils expédient les procédures que nous avions oubliées de suivre : quelques papiers à remplir ici et là, deux-trois vérifications à faire... Mais tout compte fait, on dirait que nous avons assuré notre permanence sans faire de grosse bêtise. Ils nous rassurent sur notre maigre bilan : c’est normal de n’avoir vendu aucune carte de vœu ni aucun bouquin. Tout va bien. Nous n’avons pas coulé ni décrédibilisé la Tafel, ni mis le feu à la baraque, donc pour une première, c’est plutôt réussi. Transis de froid, épuisés, mais soulagés, nous quittons notre cabanon rustique mais attachant (enfin, presque).

Un dernier petit tour dans les allées du Spandauer Weihnachtsmarkt. Soit dit en passant, c’est un très joli marché de Noël qui saura récompenser ceux qui se seront aventurés de l’autre côté de la Havel. Enfin, nous sautons dans le train, ravis de la perspective d’une bonne sieste au chaud à la maison, avant une énorme soirée de teuf pour nous récompenser de nos efforts.

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7 commentaires:

  1. La charité, c'est un métier, et les bénévoles ne sont pas toujours bien vus par les "pro", qui eux en vivent.

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  2. On vit en effet dans un monde de fou. La charité est devenue un métier, un "business" et le gaspillage la règle. Les "experts" estiment qu'un Français ou un Allemand jette environ un quart (!) de la nourriture qu'il a acheté, tandis qu'un milliard (!) de nos voisins crient famine. Je suis plutôt fâchée avec les chiffres, mais ceux-là, je ne les oublie pas...
    Bravo pour ton engagement en tout cas.
    Quant à Spandau, tu es un peu dur, c'est certes bien calme par rapport à ton kiez, mais le marché de Noël y est très joli et c'est immerhin le quartier de Icke und Er http://www.myspace.com/music/player?sid=49974186&ac=now; http://www.youtube.com/watch?v=KvTYpKB2VQI.

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  3. Merci pour ce conseil... ça ne peut qu'être bon à savoir. J'étais très très loin de m'en douter. Mais ça ne doit pas être le cas à la Berliner Tafel, qui tourne avec une vingtaine d'employés réguliers à tout casser, et des centaines de bénévoles activement recrutés... Par exemple, Deborah l'Américaine est employée de la Tafel et rémunérée pour son travail, mais pas nous. Et tout s'est très bien passé :-)

    Je trouve que le mot allemand pour bénévole est joli (en tout cas une fois traduit) : "ehrenamtlich", ça se traduit mot à mot plus ou moins comme "commis d'honneur" ou quelque chose d'approchant.

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  4. Hey Fab tiens j’avais pas vu ton commentaire pendant que j'écrivais cette réponse à Alain plus haut.

    Merci pour tes encouragements. En effet cette proportion de 20% de gaspillage chez les consommateurs se rapproche des chiffres que j'ai vus. Mais le cœur de cible de la Tafel, ce sont les denrées («saines et comestibles», héhé) jetées par les producteurs ou par les distributeurs (marchés, magasins, boulangeries, etc). À ce niveau-là le gaspillage atteint des proportions d’un tout autre ordre de grandeur que chez les consommateurs... Ça va plutôt chercher dans les 50% de gaspillage tout au long de la chaîne de distribution. Un crime contre lequel trop peu de choses sont entreprises.

    Sinon, bien entendu que Spandau a son charme, sur les rives de la Havel et tout ça. Qui sait, ce sera peut-être le prochain quartier méga-hype une fois que la gentrification aura stérilisé Friedrichshain, Kreuzberg, Neukölln, Moabit puis Wedding... Spandau, the place to be en 2020 ?

    Hihi :-)

    En tout cas j’ai bien rendu au marché de Noël de l’Altstadt Spandau un petit hommage discret à la fin du billet. Il méritait peut-être plus, j’en conviens.

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  5. Oh, il en coulera de l'eau sous le Oberbaumbrücke avant que Spandau ne devienne le nouveau Friedrichshain! Je crois qu'il n'y a pas 2 quartiers plus radicalement différents que ces deux-là à Berlin (géographie, population, moyenne d'âge, bâtiments, histoire, atmosphère... aucune commune mesure...) ! Il n'y a que les (très sympa) concerts en plein air à la Zitadelle qui sont susceptibles d'attirer les jeunes branchés.

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  6. Surtout le coin du moyen age! Dis donc quel courage!! Bravo!!!

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  7. @ Little Cat - c'est vrai que l'ambiance est différente mais c'est ça qui est bien à Berlin. Merci pour tes encouragements en tout cas !

    @ Fab - un jour tous ces vieux Spandauiens (et c'est sûr qu'il y en a un bon paquet) s'en iront... et qui les remplacera ? Des JEUNES :-)

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Un petit bonjour ?

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